Semi-aquatiques ou terrestres, il ne manque pas d’espèces toutes plus fascinantes les unes que les autres dont je n’ai pas encore parlé et qui font aujourd’hui l’objet de ce troisième chapitre.

Comme toujours, si une espèce vous intéresse, ce sera à vous de rechercher toutes les informations nécessaires à une maintenance harmonieuse pour l’unique bénéfice de vos protégés. Je vous invite à toujours essayer de vous rapprocher au plus près des conditions de vie naturelles des animaux, on ne prend pas de raccourcis car les erreurs peuvent coûter cher à votre portefeuille mais surtout la vie de vos pensionnaires. Soyez rigoureux, si vous adoptez, faites-le en connaissance de cause et en vous donnant les moyens d’optimiser votre maintenance.

On le redit encore une fois :

  • on ne maintient JAMAIS deux espèces de crabes différentes ensembles.
  • On ne dérange JAMAIS un crabe en train de muer.
  • On ne déloge JAMAIS un crabe réfugié dans son terrier.
  • On n’attrape JAMAIS un crabe par les pattes ou les pinces (autotomie1)
  • une source de calcium sera systématiquement proposée sous la forme d’un os de seiche ou de coquilles d’œuf pour toutes les espèces.
  • Un couvercle est obligatoire pour toutes les espèces : un crabe, même s’il n’est pas doué pour ça, ça grimpe !2

Pour certaines espèces, il est fait mention de maintenance en méthode « de l’amour » ou de méthode sombre, vous trouverez un explicatif à ce sujet en fin d’article.

Les espèces ci-après, dont la liste n’est bien sûr pas exhaustive, sont présentées par ordre alphabétique. C’est parti !

AUSTRUCA ANNULIPES (H. Milne-Edwards, 1837)

Crabe violoniste à pattes annelées

Cette espèce est largement répandue dans l’Indopacifique et on la trouve des côtes d’Afrique du Sud à la Somalie, Inde, Chine, Indonésie, Malaisie, Philippines et Madagascar. On la trouve régulièrement en vente sous l’appellation « Crabe violoniste ».

Elle est généralement mal soignée au regard de ses besoins environnementaux et alimentaires qui sont mal compris. Elle a besoin d’un substrat correspondant à un comportement alimentaire spécialisé ce qui rend sa maintenance exigeante. Ce n’est clairement pas un crabe pour débutant.

La carapace est généralement noire marbrée aléatoirement de blanc ou de bleu clair, les pattes ambulatoires ont également une couleur variable : brun rouge, rougeâtre, brun clair à crème ou encore brun noir marbré de blanc. Les mâles présentent une hétérochélie3 très prononcée, les pinces sont généralement orangées ou rouges, parfois roses. Les yeux sont rapprochés et fortement pédonculés.

Cette espèce a besoin d’un paludarium aménagé en zone côtière avec une large plage terrestre composée de sédiments meubles et humides. On utilisera du sable de mer, de la boue de potier biologique ou de la boue vivante provenant de zones saumâtres sauvages. L’idéal serait de recréer un système de marées si c’est possible.

Il faudra introduire : soit de jeunes plants de mangroves, soit des détritivores vivants (vers) pour oxygéner le substrat et empêcher sa fermentation (gaz toxiques). Le substrat sera suffisamment épais pour que les crabes puissent creuser leur terrier. 15 x 15 cm suffisent pour un couple de crabe mais 30 x 15 cm réduira considérablement leur stress.

Les Austruca se nourrissent en fouillant le sable et en extrayant la matière organique et les micro-organismes. Il faut favoriser ce comportement en donnant des aliments en poudre directement sur leur substrat. On donnera : aliments en poudre pour coraux, poudre de chlorelle (microalgue unicellulaire), suspension riche en phytoplancton, cultures de micro-organismes résistants aux eaux saumâtres. Ces crabes ne consomment ni flocons ni granules. La présence de biofilm ou de débris organiques est essentielle à leur bien-être.

La reproduction n’est pas possible en captivité.

CARDISOMA ARMATUM (Herklots, 1851)

Crabe arc-en-ciel, Crabe patriote, Crabe savonneux, Crabe Arlequin, Crabe tricolore, Tourlourou, Touloulou

C’est un crabe que l’on trouve en Afrique, de la côte Ouest du Sénégal à l’Angola, îles comprises.

Les crabes, jeunes ou juste après la mue, ont une carapace bleue à violet bleu, les pattes sont orange et les pinces sont jaune pâle. Les pinces présentent une hétérochélie. Les femelles ont des couleurs plus ternes. A l’approche de la mue, la carapace devient jaune sale et en vieillissant, les couleurs deviendront de plus en plus claires et délavées.

Dans la nature, C. Armatum vit dans les régions côtières, les deltas de rivières et autres zones saumâtres. On peut également le retrouver à plusieurs kilomètres des côtes, ne retournant à la mer que pour la reproduction, à la saison des pluies. Son abri est un terrier de sable qui devient de plus en plus profond et complexe au fur et à mesure que le crabe vieillit.

Compte tenu de sa grande taille et de son agressivité, un seul crabe sera maintenu dans un bac d’au moins 1 mètre de façade. Une zone terrestre de 60 % composé d’humus pour terrarium sera aménagée pour qu’il puisse creuser son terrier.

Il est possible de maintenir un couple dans un bac plus grand (au moins 120 cm de façade) mais il faudra concevoir un décor très structuré avec bois et pierres qui permette aux crabes de s’enfuir ou de s’éviter. Dans ce cas, on fera deux parties aquatiques séparées.

L’espèce est grimpeuse et très agile de surcroît, surtout les jeunes, et vu sa force, il sera nécessaire de lester le couvercle pour que les crabes ne puissent pas le soulever. Gare aux câbles qui devront être dissimulés car leurs pinces sont assez puissantes pour les entailler, voire les couper.

Pour la cohabitation, elle est possible avec des crevettes et des poissons vifs si la partie aquatique est suffisamment grande. On évitera les escargots qui sont à la base du régime alimentaire de ces crabes, à moins de fournir une espèce qui se reproduit vite comme source alimentaire permanente.

En plus de cela, on donnera des fruits, des épinards, des orties, des légumes, des insectes séchés, des aliments congelés, du poisson cru et bien sûr, des aliments pour crabes. Les feuilles mortes seront aussi au menu car elles sont très appréciées et les crabes adorent en faire des confettis !

La reproduction n’est pas possible en aquaterrarium car les larves sont directement lâchées en mer où elles rejoignent le plancton. Elles passeront ensuite par plusieurs stades larvaires avant de se métamorphoser en crabes et de revenir à terre.

Attention : leurs pinces sont très puissantes et peuvent vous blesser, il faut manipuler ces crabes avec précaution et utiliser des gants.

CARDISOMA CARNIFEX (Herbst, 1796)

Gécarcin bourreau, Crabe terrestre brun, Crabe diable de Thaïlande

On le trouve dans toutes les zones indopacifiques côtières, de la côte Ouest de l’Afrique et la Mer Rouge jusqu’aux îles du Pacifique central.

C’est un très grand crabe terrestre, jusqu’à 20 cm d’envergure, brun à rougeâtre doté de pinces jaunâtres très puissantes avec une hétérochélie prononcée.

Il vit notamment dans les mangroves, les arbustes côtiers et les brise-vent, dans les zones où l’eau saumâtre est proche de la surface du sol. Il est consommé par les locaux qui le ramassent à la main ou le piègent, la nuit.

Nouvel arrivant dans le hobby, ses conditions de maintenance ne sont pas clairement établies mais on a quand même quelques infos.

Ce crabe est très agressif et doit être maintenu seul dans un terrarium d’au moins trois fois sa taille. La salinité de l’eau est primordiale et doit être, dans l’idéal, de 30 ppt 4. Une salinité trop faible diminue sa fonction immunitaire et réduit son espérance de vie.

Dans son habitat naturel, il est majoritairement végétarien se nourrissant de matières végétales en décomposition.

Sa reproduction est intimement liée aux phases lunaires et aux marées. L’accouplement a généralement lieu au printemps, lors des grandes marées, les mâles protègent souvent les terriers de leur partenaire en bouchant l’entrée de leur terrier. Comme C. Armatum, les larves sont libérées dans l’eau de mer et ont plusieurs stades larvaires avant de revenir à terre, transformées en crabes.

EPISESARMA MEDERI (H. Milne-Edwards, 1853)

Crabe de mangrove à pinces rouges, Sesarma Mederi, Sesarma Taeniolata

Sur tous les sites, il est mentionné qu’il est originaire de l’Asie du Sud-Est mais l’étude de Milne-Edwards, en 1853, porte sur l’étude de 5 espèces de crabes de Singapour donc cette origine là au moins est sûre. Il a été importé en Europe dans les années 1950 pour le commerce du hobby.

Dans son milieu naturel, il peut aussi bien vivre en eau douce qu’en eau saumâtre dans les zones influencées par les marées et l’espèce sert de bioindicateur en ce qui concerne les accumulations de cadmium, cuivre, plomb et zinc dans l’eau, les sédiments et les crabes de mangrove dans le haut Golfe de Thaïlande. Les crabes sont prélevés dans les mangroves du Chao Phraya car ils font partie de l’alimentation traditionnelle thaïlandaise, cette étude vise à évaluer les risques potentiels de l’ingestion de ces métaux sur la santé des consommateurs.

Bien que certains affirment qu’il est 100 % aquatique, ce crabe a besoin de sortir de l’eau donc un paludarium sera plus approprié pour sa maintenance à raison de 60L pour un couple et comprenant une zone terrestre de 30 %.

L’espèce est agressive et essentiellement carnivore, on s’abstiendra donc de le faire cohabiter avec d’autres animaux qu’elle pourrait chasser.

Ce crabe étant un excellent grimpeur, il faudra un bac avec un couvercle bien fermé et colmater toutes les sorties.

Pour son alimentation, la nourriture doit être variée : larves de moustiques, nauplies d’artémias, pastilles pour poissons de fond, asticots, vers de vase, petits escargots d’eau douce, courgettes et endives blanchies.

L’eau du bac devra être absolument irréprochable car E. Mederi est particulièrement sensible aux nitrites et bien que pouvant vivre plusieurs années, il est fréquent qu’il succombe après 4 à 5 mois à cause d’une mauvaise maintenance.

FASCIARMA FASCIATUM (Lanchester, 1900)

Crabe rouge des Incas

C’est un crabe de mangrove que l’on trouve dans toute la zone indopacifique et dont les couleurs rappellent celles de l’art Inca ce qui lui a valu son nom. Il est couleur de terre cuite avec des pinces rouge orangé, les pattes sont terre cuite jusqu’aux merus inclus puis gris brun. Le dos de la carapace peut être presque noir avec des marbrures plus claires.

Le bac devra comporter de 40 à 50 % de zone terrestre avec une épaisseur de substrat conséquente composée de fibre de coco ou d’humus pour terrarium. Les crabes devront avoir la possibilité de grimper (colmater les sorties possibles) donc bois, roches, racines et cachettes seront de la partie. La cohabitation est possible avec des crevettes si la partie aquatique est suffisamment grande.

Concernant la plantation, F. Fasciatum est susceptible de grignoter les parties tendres des plantes.

L’espèce est omnivore et, outre les feuilles mortes, les fruits et les légumes blanchis, on pourra donner des nourritures congelées ou séchées ainsi que vivantes comme des collemboles et des cloportes blancs.

La reproduction est possible et a déjà réussi en aquarium mais elle reste compliquée et contraignante. L’espèce produit de très petits oeufs et les larves ont plusieurs stades larvaires en eau saumâtre ou salée.

GECARCOIDA HUMEI (Wood-Mason, 1874) et GECARCOIDA LALANDII (H. Milne-Edwards, 1837)

Crabe terrestre violet

On ne trouve G. Humei que dans l’Océan Indien alors que G. Lalandii est largement réparti en Asie du Sud-Est et dans les îles du Pacifique Occidental. Il n’y a que sur l’île Christmas, dans le Nord-Est de l’Océan Indien, qu’ils côtoient, tous les deux, le troisième membre du genre : Gecarcoida Natalis, le fameux crabe rouge dont l’incroyable migration annuelle a fait la renommée.

J’ai choisi de les présenter ensemble car ils sont souvent vendus l’un sous le nom de l’autre. Ils se ressemblent énormément mais certaines caractéristiques peuvent aider à les différencier.

Le corps est violet foncé à noir, le ventre est crème. Les pattes sont rouges à brun rouge pour G. Humei et ses pinces sont blanc sale. Pour G. Lalandii, les pattes et les pinces sont le plus souvent violettes. L’envergure (LT) tourne autour de 20 cm voire plus.

Ces crabes sont particulièrement costauds et puissants et, quoi que vous fassiez, ils saccageront le bac (100L pour 1) et détruiront les plantes. Il faudra mettre un grand contenant lourd pour l’eau sinon ils le renverseront. Pour le substrat, du terreau organique classique conviendra en méthode douce alors qu’en méthode sombre, on optera pour du corail concassé ou du gravier. Un cycle jour/nuit doit être mis en place pour la méthode douce. Une température de 27°C lui convient très bien ainsi qu’une hygrométrie de 80 %.

Il est préférable de ne maintenir qu’un seul crabe pour des raisons d’entente aléatoire. Soit ça passe (de temps en temps), soit ça casse !

Côté alimentation, il est essentiel de leur fournir des aliments riches en sodium (fruits de mer, céleri), le reste sera composé de légumes et de granulés pour poissons ou crevettes. Une fois par semaine, leur donner une crevette roulée dans du sel marin pour compléter l’apport en sel.

GEOGRAPSUS GRAYI (H. Milne-Edwards, 1853)

Crabe littoral violet, Crabe terrestre Berryclaw, Crabe coureur, Petit crabe pinceur

Il vient des régions indopacifiques occidentales. Le dos de la carapace est violet foncé avec des motifs blanchâtres, le ventre est blanc, les pattes ambulatoires sont violettes marbrées de blanc, les pinces sont violettes avec les doigts blancs. Il existe une forme rouge à la place de violet.

Dans la nature, il vit sur les rivages rocheux dans les forêts côtières avec une végétation dense. Il sort la nuit et les jours de pluie pour se nourrir et se réfugie, le jour, sous les rochers, dans les crevasses ou sous les coques de noix de coco.

Bien qu’il soit préconisé un paludarium avec 70 % de surface terrestre, on le maintiendra en terrarium avec deux contenants d’eau séparés : un d’eau douce et d’eau salée. Dans son milieu naturel, il mue à terre et ne rejoint la mer que pour la reproduction.

Le substrat sera composé de sable, de corail et de gravier et le décor sera adapté à des crabes agiles et bon grimpeurs. Bien évidemment, un couvercle bien fermé est obligatoire.

Compte tenu de son agressivité, ce n’est pas un crabe considéré comme « facile » à maintenir. Il a déjà été fait état de meurtres et de cannibalisme et ce, quelle que soit la taille du bac. Rien de surprenant car on sait que le genre Geograpsus se nourrit d’autres crabes.

GLOBITHELPHUSA SP

Crabe Lilas indien, Globithelphusa sp Lila, Crabe d’eau douce violet

Il proviendrait des environs de Koch Bihar (Bengale occidental, Inde) où on le trouve dans les eaux proches de la chaîne de l’Himalaya mais ce n’est pas un crabe de montagne.

Sa carapace varie de rougeâtre à violet foncé, les pattes ambulatoires sont orange à rouge, comme les pinces, ces dernières ont l’extrémité des doigts orange vif.

Il pourra être maintenu seul ou en couple dans un bac d’au moins 80 cm de façade. Avec un bac de 1 mètre de façade, on pourra maintenir un petit groupe de 3-4 individus.

Bien qu’il passe l’essentiel de son temps dans l’eau, il est préférable d’aménager une zone où il peut sortir de l’eau. Ce peut être une roche ou une racine émergente, une île flottante ou encore une zone terrestre d’environ 30 %. On prévoira beaucoup de cachettes dans un bac structuré avec bois, roches afin que chacun puisse éviter ses congénères. Les plantes à feuilles tendres sont susceptibles d’être grignotées.

Dans la partie aquatique, il est possible de maintenir des poissons à condition qu’ils ne soient pas trop petits et suffisamment agiles pour échapper aux pinces. Curieusement, ce crabe peut être également associé à des crevettes qu’il laisse relativement tranquilles.

La reproduction en aquarium est possible et des succès ont déjà été rapportés. Les femelles portent de gros oeufs qui donnent naissance à des jeunes pleinement développés, parfaites miniatures de leurs parents.

HARTNOLLIUS LATERALIS (Guérin, 1832)

Gecarcinus Lateralis, Gécarcin Tourlourou, Crabe de terre à dos noir, Crabe de terre des Bermudes, Gécarcin latéral

D’abord identifié comme Gecarcinus Lateralis, son taxon a été révisé en 2025, le genre Gecarcinus ayant été transféré dans le genre Hartnollius. Il vient d’Amérique où on le trouve sur les plages continentales de la Floride au Venezuela, Bermudes et Caraïbes comprises.

L’espèce est de couleur variable : rouge vif, orange, rouge brique, brun chocolat, brun acajou, violet, pourpre ou noir. Le dessus de la carapace est largement taché de noir, les pattes sont orangées à rougeâtres, les pinces présentent une hétérochélie chez les mâles et sont rosées ou orangées.

Variantes H. Lateralis – Photos : Research Gate

Il vit à proximité de la mer, dans les forêts côtières, terrains boisés et mangroves. Il occupe les zones sèches au-dessus de la haute mer, généralement à 6 à 10 mètres du niveau de pleine mer. Il creuse des terriers dans les sols meubles, de préférence sous des racines d’arbres littoraux (cocotiers, mancenilliers). L’espèce est strictement terrestre mais dépend de la mer pour sa reproduction.

Bien que je n’ai trouvé aucun site qui en vende, je l’ai rajouté car il peut être confondu avec Hartnollius Quadratus et possiblement être mélangé à ce dernier chez les commerçants.

HARTNOLLIUS QUADRATUS (Saussure, 1853)

Gecarcinus Quadratus, Crabe Lune d’Halloween, Crabe d’Halloween

Comme le précédent, son taxon a été révisé en 2025 et l’espèce est passée du genre Gecarcinus au genre Hartnollius. Il est américain et on le trouve sur la côte Pacifique (Costa Rica, Panama, Nicaragua).

Il vit dans les forêts tropicales côtières, bien au-dessus de la ligne de marée et il n’est pas rare que ce soit même à une distance considérable (jusqu’à 600 m). Il se cache le jour dans un terrier qui peut faire jusqu’à 1.50 m de profondeur.

Sa carapace est presque entièrement noire avec une tache jaune, orange ou rougeâtre derrière chaque œil. Deux taches blanchâtres sont également présentes sur le 1/3 inférieur de la carapace. Les pattes sont orange à rouge orangé, les pinces sont violettes. D’une manière générale, les femelles présentent des couleurs plus ternes que les mâles.

Si cette espèce creuse des terriers si profonds, c’est à cause de son besoin d’humidité primordial pour sa survie et première cause de décès dans leur maintenance. En captivité, on lui mettra de 15 à 25 cm d’épaisseur de substrat humide (sable, fibre de coco), sa consistance doit permettre au crabe de creuser.

De multiples cachettes doivent être installées en plus des bois et roches qui permettront aux crabes de grimper. Quoi que vous fassiez, ils creuseront et referont la déco ! Assurez-vous que votre hardscape ne risque pas de leur tomber dessus. On concevra un décor à base de pierres, roches, décorations artificielles, tunnels en plastique, en terre cuite ou en liège, le tout solidement fixé. On veillera tout particulièrement à la fixation du couvercle pour éviter les évasions car s’ils arrivent à s’échapper, les crabes se dessécheront très rapidement et mourront dans les 24 heures.

On fournira un point chaud à environ 25-26°C sous la forme d’un tapis chauffant, installé sur un côté du terrarium et non en dessous, et une hygrométrie de 70 %. Ne vous affolez pas si vous ne voyez pas vos pensionnaires, ils peuvent passer des jours, voire des semaines, à l’abri dans leur terrier. Et abstenez-vous de les déranger ! Le stress serait à son comble car leur terrier est leur seul refuge sûr et il doit le rester !

Il faudra installer deux contenants d’eau : un d’eau douce (eau de source) et un d’eau de mer, préparé avec du sel spécial eau de mer (jamais de sel de table ou de sels reminéralisants). Les contenants n’ont pas besoin d’être très profonds : 2.5 à 3 cm suffisent. Veillez à ce qu’ils puissent y entrer et en sortir facilement.

Un paramètre à prendre en compte avant l’adoption de cette espèce : son agressivité ! Un groupe idéal sera composé de plusieurs femelles ou d’un mâle et 1 ou 2 femelles. Même si le bac est très grand, on ne mettra pas 2 mâles ensembles et si l’on ne garde que des femelles, agressives elles aussi, une cohabitation pacifique n’est pas garantie. Et gare à vos doigts ! S’ils se sentent menacés, ils n’hésiteront pas à griffer et pincer !

Les Hartnollius sont capables de produire 2 types de sons quand ils sont dérangés et également la nuit. Le premier est causé par le frottement des pinces contre la carapace.

Le second est un son bouillonnant provoqué par le fluide expulsé par leur bouche et cela se produit à chaque fois que le crabe est saisi. Ce liquide est brun et amer et est censé être désagréable au goût pour les prédateurs. Cette production précède également l’attaque.

L’espèce est principalement herbivore et mange la litière de feuilles, des fruits, des graines, des détritus végétaux en décomposition et des algues benthiques. Le même type d’alimentation sera donné en captivité. Les grillons, crevettes vivantes, vers de vase, etc. ne doivent être donnés que comme des friandises ou comme complément alimentaire. Son alimentation doit être à 90 % végétarienne (fruits, feuilles, fleurs, légumes, baies, etc.) Les restes non consommés doivent être retirés pour éviter qu’ils ne moisissent.

Pas de reproduction possible en captivité car les larves sont relâchées en pleine mer, la nuit et ont plusieurs stades larvaires. Une seule reproduction a été réussie… en laboratoire.

HETEROCHELAMON TESSELATUM (Naruse, Zhu & Zhou, 2013)

Crabe panthère de Chine, Crabe Mosaïque

Originaire du Sud de la Chine, tout son corps est crème moucheté de brun foncé à noir avec une hétérochélie marquée des pinces des mâles.

Peu d’informations sur son habitat naturel mais on sait que l’espèce a été prélevée dans un ruisseau avec un sol sableux, de 1 mètre de large et 50 cm de profondeur, dans une zone karstique5.

C’est un crabe qui vit essentiellement dans l’eau mais il faut lui offrir soit une petite zone terrestre, soit des perchoirs sous forme de branches ou de roches émergentes pour qu’il puisse se percher dessus. Il doit y avoir plus de perchoirs que de crabes. C’est pour cette raison que l’espèce n’a pas été intégrée au Chapitre I des Crabes d’ornement. Le couvercle du bac devra être bien fermé et éventuellement lesté, ces crabes peuvent soulever un poids étonnant.

Le sol sera composé de sable avec beaucoup de petites roches formant des abris et des cachettes.

La mue a lieu tous les quelques mois et, pendant cette période, le crabe cessera de s’alimenter. Il consommera son exuvie.

Son alimentation contiendra des légumes (courgette et germes), des fruits (pomme, poire, banane), des vers de terre hachés, des larves de moustiques, de la sardine fraîche, du thon et des moules. On pourra également donner des aliments secs, carnés et végétariens, pour poissons et crevettes.

La reproduction est possible en eau douce mais il est difficile de savoir si une femelle est ovigère car elle se cache. Si des petits sont repérés sur le fond du bac, il est préférable de les séparer de leurs parents mais également les uns des autres car ils se chassent entre eux. On peut placer une couche de feuilles mortes qui leur servira d’abris et de source alimentaire.

Attention ! Peut être confondu avec Parathelphusa Pantherina (Crabe Panthère).

Petites précisions sur les Lépidothelphusas : bien que ces crabes, récemment découverts et décrits, fassent une arrivée très remarquée dans le hobby, on manque d’informations pour la plupart concernant leur maintenance. Leur zone de provenance est celle donnée par les descripteurs. Dans la mesure où toutes les espèces de Lepidothelphusas ci-après ont le même type d’habitat : des forêts primaires de diptérocarpacées (Hopea, Dipterocarpus, Shorea, Vatica, etc.), de très grands arbres dépassant très souvent de la canopée, on pourra s’appuyer sur les informations de maintenance données pour L. Menneri.

Ces forêts sont amenées à disparaître si des programmes de reboisement ne sont pas rapidement mis en place car le bois de ces arbres est très demandé et fait l’objet d’une surexploitation, d’abattages illégaux et d’empiètement. La résine est également utilisée dans la fabrication de vernis spéciaux.

Toutes les espèces de Lepidothelphusas présentent une hétérochélie plus ou moins prononcée (mâles) ce qui permet de les différencier de certains Geosesarmas avec une coloration proche.

HOLTHUISANA LIPKEI (Wowor & Ng, 2009)

Crabe de feu

Il est localisé à Batanta, province Papouasie occidentale, Indonésie.

Il vit dans les berges de rivières et les marais avec une végétation dense et de l’eau stagnante ou à faible courant. Il est crépusculaire et nocturne et, la journée, il se repose dans son terrier.

Il est globalement blanchâtre avec des taches brun foncé sur les régions frontales et gastriques.

Un paludarium de 80 x 50 x 50 cm (200L) avec un sol humide et sable pour la zone terrestre sera densément planté de fougères, plantes grimpantes, plantes épiphytes (Neoregelias) et tapis de mousses. Pour la zone aquatique, des Anubias, Microsorum et mousses, dans une hauteur d’eau de 5 à 10 cm maximum.

Il sera nourri à terre, dans une mangeoire, pour éviter la pollution de l’eau. On lui donnera des granulés riches en protéines, des aliments congelés (crevettes, mysis, krill, artémias), des légumes blanchis et des feuilles.

La reproduction est probable en eau douce mais n’est pas encore documentée.

Attention ! L’appellation Crabe de Feu est également donnée au Sundathelphusa sp Orange.

JOHNGARTHIA WEILERI (Sendler, 1912)

Crabe royal Nebula, Crabe royal de la Nébuleuse, Crabe de la Nébuleuse royale, Crabe de la Terre de Sao Tomé

Origine : Iles Sao Tomé-et-Principe, côtes du Cameroun et îles du Golfe de Guinée.

La carapace est violet foncé à presque noir, les pattes ambulatoires sont bicolores violet/rouge puis rouges à partir des carpes, les pinces sont violettes et s’éclaircissent jusqu’à l’extrémité des doigts qui est rougeâtre.

C’est un crabe réputé facile à maintenir pourvu que ce soit fait correctement et ça commence par une maintenance en solitaire ! N’espérez pas lui mettre un colocataire, ça finirait mal, non seulement les bagarres et blessures sont plus que probables, mais un décès pourrait survenir.

Son terrarium fera minimum 80L et, comme il n’est pas très regardant sur le sujet, on aura le choix pour le substrat : corail concassé, gravier, un mélange de sable et de terre végétale ou… rien ! Le principal est que l’hygrométrie de 80 % soit maintenue et que l’enclos reste propre. On mettra seulement un contenant rempli d’eau saumâtre à 13.5 ppt de salinité.

La bête est omnivore et consomme : granulés pour poissons, légumes, crevettes fraîches, séchées ou congelées. Elle sera nourrie tous les deux jours à tous les jours selon la taille des portions.

Il n’y a actuellement pas de reproduction connue en captivité, on suppose que certains déclencheurs environnementaux sont nécessaires.

Petites précisions concernant les Lepidothelphusas décrits ci-après

Si L. Cognettii, L. Menneri et L. Padawan ont fait une entrée remarquée dans le hobby, ce n’est pas encore le cas pour L. Flavochela, L. Limau, L. Loi et L. Sangon mentionnés ci-après. Je les ai intégrés à cette liste car ils vont probablement faire également leur apparition dans un avenir relativement proche. Malheureusement, les informations concernant leur maintenance ne sont pas encore fournies mais ayant le même type d’habitat, on pourra s’appuyer sur celles fournies pour L. Menneri.

LEPIDOTHELPHUSA COGNETTII (Nobili, 1903)

Crabe Bornéo Panda, Crabe Panda

Origine : Chemin de Batu Panggah, Mont Penrissen, District de Kuching, état du Sarawak, Bornéo, Malaisie

La zone d’habitat est très localisée et est constituée de crevasses rocheuses humides et de litière de feuilles dans des sources ombragées en forêt primaire de diptérocarpacées. L’altitude est comprise entre 200 et 1200 mètres, c’est la seule espèce de Lepidothelphusa qui vit à une telle hauteur.

Les parties antérieures de la carapace et les pinces sont jaune clair et les parties postérieures sont bleu clair (descriptif original). Les femelles sont plus ternes.

L’espèce est omnivore.

Attention ! L’espèce est probablement celle vendue comme Geosesarma Bornea Panda.

LEPIDOTELPHUSA FLAVOCHELA (Grinang & Ng, 2015)

Origine : Pagar Besi, Kampung Gumbang, Bau, District de Kuching, état du Sarawak, Bornéo Malaisie

Bien qu’on ne le trouve pas encore dans le commerce, il est susceptible d’y faire une apparition dans un avenir proche.

Il a le même habitat que L. Cognettii à ceci près que son habitat se situe à moins de 200 m d’altitude.

Chez les mâles, la partie antérieure de la carapace est jaune orangé et la postérieure est orange pâle à blanc, les pattes ambulatoires sont blanc crème et les pinces sont jaunes. Les femelles sont globalement brun foncé.

LEPIDOTHELPHUSA LIMAU (Grinang & Ng, 2015)

Origine : Kampung Peros, Krokong, Bau, District de Kuching, état du Sarawak, Bornéo, Malaisie

Son nom est dérivé du mot iban « Limau » faisant allusion à sa carapace jaunâtre semblable au fruit mûr d’une espèce végétale locale appelée Calamansi (Citrofortunella Microcarpa).

Il vit dans les zones de forêts primaires plutôt plates, à moins de 200 m d’altitude où le sol est humide et composé de grès et de sable.

La carapace est jaune orangé avec des zones bleu clair à l’arrière, les pattes ambulatoires sont blanc crème et les pinces sont blanc jaunâtre. Les femelles sont entièrement brun foncé.

LEPIDOTHELPHUSA LOI (Grinang & Ng, 2015)

Origine : Mont Ampungan, bassin de la Sadong River, état du Sarawak, Bornéo, Malaisie

L’espèce est nommée en l’honneur de Michael Lo qui a participé activement à la recherche des animaux sur site.

L’habitat est en pente douce avec un substrat composé de boue et de sable humides, recouverts d’une litière de feuilles. La zone possède une source et est ombragée. Elle fait partie d’une forêt primaire dont le sol est composé de grès et le site se trouve à 500 mètres d’altitude.

Les mâles ont une carapace jaune rouge, des pattes brun rouge et des pinces jaunâtres à orange. Les femelles sont brun clair.

LEPIDOTHELPHUSA MENNERI (Ng & Wowor, 2024)

Crabe de Bornéo, Crabe Tricolore, Crabe arc-en-ciel

Probablement un des plus jolis crabes d’ornement et sans aucun doute l’un des plus populaires, mais pas forcément le plus facile. Il vient de la région du Kalimantan Barat, Régence de Sintang, à Bornéo en Malaisie Orientale et c’est un habitant des zones karstiques. On le rencontre souvent à proximité de cours d’eau douce et propre, dans des zones ombragées avec une litière de feuilles et un sol argileux.

Il vit entre terre et eau, se cachant dans la végétation et creusant des terriers dans les berges meubles.

Le tiers antérieur de sa carapace et ses pinces sont jaunes à orangées, les 2/3 postérieurs sont bleu ciel avec des marque brun foncé à brun rouge presque noir en forme de masque. Les pattes ambulatoires sont rouges, à part les merus des paires P2 et P3 qui sont bicolores (jaune orangé puis rouge), les yeux sont bruns.

Comme la description officielle n’est pas encore disponible, je n’ai pas pu savoir si les femelles étaient colorées de la même manière que les mâles ou si, comme les autres espèces de Lepidothelphusas, elles étaient dans les tons bruns.

La maintenance se fera dans un terrarium avec 60 à 70 % de zone aquatique avec un sol de sable et des plantes flottantes. Un courant assez fort avec une eau bien oxygénée est nécessaire, l’eau devant rester particulièrement propre.

Pour la partie terrestre, à la limite terre eau, on mettra un substrat riche en argile pour permettre aux crabes de creuser leur terrier. En terme de plantation, on pourra mettre tout type de fougères (Asplénium, Nephrolepis, Adiantum) mais aussi les espèces vendues en mini pots dans les jardineries : Peperomia Verticillata, lierre grimpant, Fittonia, Asparagus, Pilea Glauca, Hypoeste, etc. et bien sûr, des mousses !

Pour retraiter les déchets, on inclura une microfaune composée de collemboles et d’isopodes qui serviront également de nourriture permanente. L’espèce est omnivore mais préfère nettement les aliments frais riches en protéines, on privilégiera donc les aliments crus ou vivants (palourde, poisson, escargots, insectes, vers et crustacés). Pour éviter les frictions, on répartira la nourriture pour éviter le stress et concurrence et s’assurer que tout le monde mange.

L’espèce est grégaire et plus les crabes seront nombreux, plus leur comportement sera naturel. Si ce n’est pas le cas, ils se montreront plus timides et beaucoup moins actifs. La mue a lieu dans l’eau et est suivie d’inactivité le temps que la nouvelle cuticule durcisse.

Si tout est bien conçu et agencé, la reproduction et tout à fait possible. Les mâles sont un peu bourrins lors de l’accouplement et sont susceptibles de blesser les femelles (membres perdus). Ces dames s’isolent ensuite dans un terrier ou un coin tranquille avant de retourner à l’eau libérer leurs petits pleinement formés.

Important : les juvéniles ne peuvent survivre que dans un bac mature et parfaitement stable, si ce n’est pas le cas, ils mourront de faim. Ils grandissent lentement, n’atteignant la maturité que vers 6 mois et ils passent les premiers mois de leur vie dans l’eau où ils se nourrissent de microfaune. Pour leur survie, il est préférable de les séparer de leurs parents ou bien nourrir ces derniers.

Sur le long terme, la principale cause de perte de cette espèce sont une filtration insuffisante ou un débit insuffisant ou encore, une surchauffe. Si vous veillez à la qualité de l’eau, vous ne devriez pas avoir de problème.

Attention : L’espèce peut être confondue avec Geosesarma Rouxi et Geosesarma Riani, rappelez-vous que les mâles Lepidothelphusas présentent une hétérochélie des pinces.

LEPIDOTHELPHUSA PADAWAN (Grinang & Ng, 2015)

Crabe Panda, Crabe terrestre de Sarawak

Origine : Kampug Sentah, district de Padawan, état du Sarawak, Bornéo, Malaisie

Voici le véritable Crabe Panda qui possède des répartitions de couleurs variables selon les individus comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous.

Différentes morphes du Lepidothelphusa Padawan – Photos : Descripteurs

La carapace peut également être entièrement blanche. Certaines présentent du gris ardoisé à gris foncé au lieu de blanc à blanc crème. Les pattes ambulatoires sont violet foncé à presque noir et les pinces sont blanc crème à blanc. Les femelles sont globalement brun foncé à brun violacé presque noir avec des pinces blanc crème. Les mâles présentent une hétérochélie marquée.

L’espèce vit à une altitude comprise entre 100 et 300 mètres, dans les rochers humides et la litière de feuilles des sources forestières ouvertes ou partiellement ombragées, le sol est composé de grès.

On le maintiendra en paludarium avec de très nombreuses cachettes y compris dans l’eau. La zone terrestre occupera 70 % et sera composée de fibre de coco ou d’humus pour terrarium. La zone aquatique aura un sol de gravier fin et de sable. Comme toujours, le bac sera densément planté. Le pH de l’eau doit être surveillé et rester entre 7 et 8. Un pH trop bas rendra les crabes léthargiques.

L’espèce est omnivore à tendance carnivore, sa nourriture sera riche en protéines (crevettes, escargots), légumes et fruits. On fournira également des aliments riches en calcium : chou frisé, brocoli, épinard, figue, noix, coquilles d’huître et d’œuf, algues, graines et insectes.

La reproduction est tout à fait possible, la femelle réceptive laisse le mâle s’approcher pour s’accoupler. Elle portera de 20 à 40 oeufs qui donneront naissance à des jeunes pleinement formés qu’elle gardera sous son abdomen encore quelques jours.

Il est possible de maintenir ces crabes avec des crevettes naines ou des petits poissons.

LEPIDOTHELPHUSA SANGON (Grinang & Ng, 2015)

Origine : Chutes de Nawang, Bung Bratak, Bau, état du Sarawak, Bornéo, Malaisie

Son nom est dérivé du mot bidayuh « Sangon » qui veut dire « beau » faisant ainsi allusion à la couleur éclatante du crabe.

Les deux sexes sont rouges à brun rougeâtre avec des pinces jaunes. La coloration des femelles est plus terne.

L’habitat est similaire à celui des autres Lepidothelphusa déjà mentionnés. L’altitude est inférieure à 200 m.

MAGNUM TUERKAYANA (Ng & Shih, 2014)

Ex-Discoplax Magnum, Crabe géant à pattes orange, Crabe forestier

On le trouve en zone indopacifique dans les îles Narcondam, Christmas et Similan (Thaïlande).

C’est un crabe de très grande taille dont l’envergure peut avoisiner les 25 cm ! Le corps est brun à brun grisâtre mais peut être violet foncé, les pattes ambulatoires sont brunes à brun orangé et les pinces présentent un dégradé de couleurs allant du rouge à l’orange pour finir blanc.

Compte tenu de sa grande taille, il faudra minimum 1 mètre de façade pour un seul crabe, de quoi grimper et un décor formant des grottes. La zone aquatique doit être spacieuse avec un sol de sable fin. Le crabe ira pour s’hydrater, se nettoyer les branchies et faciliter sa mue. Les plantes ne sont pas indispensables et ont toutes les chances de servir de casse-croûte. La journée, les crabes restent cachés voire s’enfouissent dans un terrier et sortent au crépuscule.

Il n’y a pas de conflits entre mâles, ce qui est plutôt rare chez les crabes, ce qui fait que le sex-ratio n’a pas d’importance.

L’espèce est omnivore et apprécie les aliments végétaux : carotte, laitue, épinards et persil (sans graines) ainsi que les aliments congelés (vers de vase), de la chair d’éperlan et de moules. La nourriture sera donnée 2 à 3 fois par semaine en petites quantités.

Après un court laps de temps, les crabes s’habituent à leur soigneur et peuvent devenir très apprivoisés, allant jusqu’à venir manger dans la main.

Différentes morphes de Magnum Tuerkayana – Photo A : K. Varma – Photos B à F : H.H. Tan

METASESARMA AUBRYI (A. Milne-Edwards, 1869)

Crabe Caméléon rouge, Crabe Pomme rouge

On le trouve en Nouvelle-Calédonie et à Sumatra, c’est une espèce qui fréquente les estuaires et les habitats côtiers d’Asie.

Il doit son nom vernaculaire à sa faculté à changer de couleur en obscurcissant sa carapace. Elle est brune à presque noir avec les bords antérolatéraux et la tête orange. Le surface inférieure est brun foncé à presque noir. Les pattes sont brunes à presque noires, les pinces sont orange à rouge avec l’extrémité des doigts blancs, les yeux sont verts.

C’est une espèce plutôt terrestre et son terrarium devra comporter 80 % de surface au sol et 20 % d’eau douce. Le substrat sera composé de fibre de coco en épaisseur suffisante pour qu’il puisse creuser. Les plantes sont susceptibles d’être déterrées.

C’est un crabe omnivore à tendance végétarienne et il peut être nourri avec des fruits et des légumes mais aussi des tablettes pour poissons-chats. Une nourriture spéciale crabes est également recommandée.

L’espèce produit de petits oeufs ce qui indique que plusieurs stades larvaires sont nécessaires à l’évolution de sa progéniture. Pour l’instant, il ne semble pas y avoir eu de réussite pour sa reproduction en captivité.

METASESARMA OBESUM (Dana, 1851)

Crabe Batik, Crabe marbré

L’appellation « batik » se rapporte au tissu du même nom dont la technique indonésienne de fabrication a été intégrée au Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité.

On trouve cette espèce sur les rivages des océans Indien et Pacifique en Indonésie. Plutôt terrestre, il ne va que peu dans l’eau et essentiellement pour se nettoyer et s’hydrater.

La carapace est brun clair marbré de brun foncé à brun rouge mais ces taches sont totalement aléatoires et diffèrent pour chaque crabe. Elle peut également être crème à presque blanche, toujours marbrée. La face est brun foncé, les pattes ambulatoires sont brun clair à brun, les pinces sont crèmes presque blanches. Les mâles sont plus grands que les femelles.

Il existe une variante appelée M. Obesum « Green Batik » avec des marbrures vertes, voire une carapace entièrement verte.

Différentes morphes de Metasesarma Obesum – Poster : Ihsan Insani

On lui fera un terrarium avec des dimensions minimales de 60 cm de longueur et 40 cm de largeur et une épaisseur de substrat de 10 cm composé de sable et de gravier fin ou d’humus pour terrarium. C’est une espèce qui aime se percher donc on ajoutera des racines et des roches sur lesquelles il pourra grimper. Le sol sera en partie recouvert de feuilles car ces crabes aiment se cacher dessous.

Côté plantation, ils sont susceptibles de grignoter les feuilles fines et tendres, on optera pour des espèces au feuillage robuste pour la partie terrestre. Pour la partie aquatique, des Anubias feront très bien l’affaire.

C’est une espèce majoritairement carnivore, on lui donnera : isopodes, cloportes blancs, collemboles et vers mais également poisson cru, insectes séchés et nourriture pour crabes carnivores.

La reproduction en captivité n’est pas possible car les larves ont plusieurs stades larvaires en eau salée.

Evidemment, compte tenu de leur régime alimentaire, on ne les fera pas cohabiter avec d’autres animaux sous peine de voir ces derniers être chassés pour le dîner.

NEOSARMATIUM LAEVE (A. Milne-Edwards, 1869)

Crabe de Laeve

C’est un crabe des mangroves humides et des zones côtières d’Asie du Sud-Est. Il est principalement terrestre mais a besoin d’avoir accès à une eau peu profonde. Son habitat naturel est caractérisé par une végétation dense, un sol boueux et un air salé. Au crépuscule, il sort en quête de nourriture et il utilise branches et racines pour grimper. Le jour, il reste dans son terrier.

Il est entièrement brun noir avec des pinces rouge foncé. Les pattes sont brun noir merus compris puis deviennent brun à brun clair.

La surface terrestre de son paludarium doit être d’au moins 70 % avec un substrat composé d’un mélange d’humus humide et de sable, recouvert de mousse. La plantation sera dense ce qui contribuera à maintenir une hygrométrie élevée. On installera des fougères, des coussins de mousses, des broméliacées (Neoregelias) et des racines de mangrove.

Pour la partie aquatique, une profondeur d’eau de 3 à 5 cm sera suffisante et on pourra la décorer avec des plantes flottantes (Salvinia, Pistias, Limnobium).

Il est omnivore à tendance végétarienne et se nourrit de feuilles, légumes et algues mais également de proies congelées (artémias, mysis, crevettes, krill). De temps en temps, on peut lui proposer de petits morceaux de fruits.

Pas de reproduction en captivité, les larves grandissent en eau salée avant de migrer en eau douce à leur dernière métamorphose (stade mégalope).

NEOSARMATIUM MEINERTI (De Man, 1887)

Crabe araignée des mangroves, Crabe rouge des mangroves

On le trouve dans les mangroves de l’Océan Indien Ouest et l’Indopacifique Central.

C’est un crabe qui supporte mal l’immersion prolongée et est presque entièrement terrestre. Il vit en général dans l’arrière mangrove, dans le haut du dénivelé où il peut creuser des terriers pouvant aller jusqu’à 2 m de profondeur. Il possède une sorte de poumon modifié. Il respire avec ses branchies mais également avec des tissus autres qui participent aux échanges gazeux.

On peut trouver deux formes de couleurs : la plus fréquente a une carapace rouge orangé, la seconde a une carapace et des pinces jaunes et on la trouve en Australie, à Guam et en Asie de l’Ouest.

Dans la mesure où il n’est pas possible de lui offrir une surface verticale d’espace territorial (terrier), il faut compenser en lui offrant plus de surface horizontale pour. Pour cela, on lui fournira un terrarium de très grandes dimensions (300L pour 3 crabes, 500L pour 5) avec un mélange de sable, de boue et de fibre de coco afin qu’il puisse s’y enfouir et creuser un terrier. Le substrat doit être humide et doit conserver sa forme quand on le presse entre les doigts. Il sera peut-être nécessaire de le pulvériser à l’eau douce pour qu’il reste bien humide. Son épaisseur doit être de 10 cm minimum mais plus est préférable. Les mâles sont territoriaux et s’il n’y a pas assez d’espace, ils se battront.

Pour la partie aquatique, un contenant où le crabe peut s’immerger totalement suffit largement. L’eau sera additionné de sel pour aquariums marins à l’exclusion de tout autre (pas de sel de table ni de sels reminéralisants).

La plantation devra être mise hors de portée ou être particulièrement robuste car ces crabes peuvent les découper avec leurs pinces. On installera les plantes en arrière-plan et on forcera la note sur les éléments de décoration : roches, branches et racines, tuyaux, noix de coco. Les cachettes doivent être particulièrement nombreuses pour réduire le stress et assurer leur sécurité lors des mues.

Il se nourrit principalement de feuilles de palétuviers en décomposition du genre Rhizophora et en stocke même dans son terrier. Le reste de son alimentation provient d’animaux.

En captivité, on fournira des feuilles d’amandier indien (catappa), hêtre, chêne qui devront toujours être au menu, des légumes blanchis (brocoli, chou, carotte, concombre, laitue, épinards, courge, légumes-feuilles, etc.) et des fruits (melon, mangue, etc.). La nourriture peut être laissée 24 h avant de la retirer, les feuilles, elles, peuvent être laissées plusieurs semaines.

Ces crabes aiment stocker de la nourriture dans leur terrier ce qui peut générer une source de pourriture invisible.

Pas de reproduction en captivité, les femelles libèrent leurs larves dans l’eau salée en synchronisation avec les grandes marées. Ces dernières se métamorphoseront plusieurs fois avant de revenir à terre. Les jeunes ne creusent pas de terrier mais squattent ceux des adultes.

NEOSARMATIUM ROTUNDIFRONS (A. Milne-Edwards, 1869)

Crabe araignée bleu, Blue Spider Crab

On le trouve en Australie, en Afrique de l’Est et en Asie du Sud-Est. C’est un crabe de mangrove qui vit dans les vasières où il creuse un terrier qui se remplit d’eau à marée haute. C’est un habile grimpeur que l’on voit souvent sur les branches et les racines.

Le corps est violet bleu, pattes comprises. Les pinces sont violet clair sur les carpes puis s’éclaircissent jusqu’à blanc sur les doigts.

Il sera maintenu en paludarium avec 60 % de zone terrestre dont le sol sera composé de fibre de coco ou d’humus pour terrarium. On y installera des fougères, des mousses et des broméliacées comme des Neoregelias (épiphytes). Les plantes doivent être bien enracinées car le crabe peut les déterrer en creusant. La partie aquatique pourra être habillée d’Anubias et de fougère de Java (Microsorum Pteropus).

N. Rotundifrons préfère manger à terre, on lui donnera des granulés riches en protéines, des aliments congelés (krill, artémias, mysis) et des végétaux (feuilles et légumes blanchis). On ajoutera des feuilles mortes comme source de fibres.

La reproduction est difficile mais a déjà été réussie en captivité, les larves devant passer en eau saumâtre.

NEOSARMATIUM SMITHI (H. Milne-Edwards, 1863)

Crabe des mangroves Araignée rouge, Crabe Sumo Araignée rouge

Origine : Régions indopacifiques occidentales

Il est l’espèce-type du genre Neosarmatium et vit dans les zones côtières où l’eau douce rencontre la mer.

Sa carapace est brunâtre à presque noir et noir violacé à noir sur la zone inférieure, le ventre est brun foncé à presque noir. Les pattes ambulatoires sont brun foncé à brun noir ou brun rouge jusqu’aux merus puis s’éclaircissent, les articulations présentent des taches orangées à rouges. Les pinces sont particulièrement massives et sont brun foncé ou brun rouge à presque noir jusqu’aux carpes puis rouge foncé avec l’extrémité des doigts blancs.

On l’hébergera dans un aquaterrarium de minimum 80 cm de façade pour 3 individus avec une zone terrestre de 50 %. Le substrat sera composé d’humus pour terrarium ou fibre de coco mélangé à du sable. Des cachettes supplémentaires seront fournies sous la forme de noix de coco.

Pour la partie aquatique, la salinité sera comprise entre 6 et 27 ppt.

L’espèce est omnivore avec un régime alimentaire composé de détritus, d’algues et de petits invertébrés. On donnera des granulés pour crabes, des légumes blanchis et, occasionnellement, des aliments vivants ou congelés.

Côté reproduction, ce ne sera pas possible en captivité. Les zoés ont 8 stades larvaires dont 3 en stade mégalope.

NEOTIWARIPOTAMON WHITEHEADI (Parisi, 1916)

Crabe foudre, Crabe foudre rouge, Crabe foudre à main blanche, Crabe éclair rouge, N. W. White cray

Il est originaire de Chine et plus précisément de l’île de Hainan. Il est largement répandu dans le commerce aquariophile chinois mais les importations sont plutôt rares et on n’en trouve quasiment jamais en dehors du pays.

Il est assez difficile de connaître les couleurs types de l’espèce car plusieurs patrons de coloration apparaissent sous son nom nom scientifique. Sont-ce des variantes ? Ou possiblement des espèces différentes ?

Les principales caractéristiques de l’espèce sont des articulations largement tachées de orange à rouge au niveau des articulations des pattes et des pinces nettement bicolores. Ces dernières présentent une hétérochélie plus ou moins prononcée.

N. Whiteheadi est essentiellement terrestre et sera maintenu dans un aquaterrarium ou un terrarium haut avec une grande partie terrestre (70-80 %) et une partie aquatique avec une eau toujours propre et peu profonde.

On choisira un bac de 45 x 30 x 32 cm pour 1 seul crabe ; 60 x 45 x 45 cm pour un couple et 90 x 45 x 45 pour un petit groupe. Cela permettra de créer un décor complexe et structuré avec barrières visuelles et de réduire ainsi les frictions entre les crabes. Les cachettes seront composées de 1/2 noix de coco, écorces de liège, amas de pierres ou grottes en PVC. Pour se rapprocher au mieux de leur milieu naturel, le substrat sera d’Aquasoil pour la partie terrestre, la partie aquatique étant garnie de gravier de rivière. On ne négligera pas l’espace vertical, ces crabes aiment explorer leur environnement.

L’espèce est principalement carnivore, on lui fournira des escargots (vivants ou déjà tués), crevettes et krill lyophilisés, granulés haute qualité pour poissons ou pastilles coulantes pour poissons de fond, strobiles6 et écorce d’aulne (souvent consommés avant la mue). Varier son alimentation est primordial pour sa santé.

L’espèce se reproduit en eau douce et en captivité mais je n’ai pas trouvé plus de détails compte tenu de sa rareté.

OCYPODE SINENSIS (Dai, Yong & Yang, 1985)

Crabe Fantôme, Crabe de plage, Crabe des sables

Régions indopacifiques occidentales (Japon, Chine, Taïwan, Philippines, Malaisie, Indonésie, Inde, Corée du Sud, Golfe persique

L’espèce vit dans les zones interdidales7 dans de profonds terriers et sort principalement la nuit. Opportuniste, elle se nourrit de charognes et chasse de petits animaux. Mâles et femelles présentent une hétérochélie.

O. Sinensis est capable de produire des sons relativement puissants, à l’entrée de son terrier ou même à l’intérieur de celui-ci, en faisant vibrer sa pince majeure, le détail de cette production de sons est en cours d’étude car, contrairement aux autres espèces d’Ocypodes, O. Sinensis ne semble pas faire vibrer sa pince contre le sable. On suppose que l’émission de ces sons servent à mettre en garde d’éventuels concurrents et/ou à attirer des femelles.

Les couleurs semblent très variables d’un crabe à l’autre : carapace jaune, rose, brune, marbrée ou non, pinces roses ou jaunes avec doigts blancs ou orange avec les propodes bleus. Difficile de déterminer un modèle de coloration précis.

Ce crabe sera maintenu dans un aquaterrarium ou un terrarium avec au moins 25 cm d’épaisseur de sable fin, de préférence du sable blanc du désert australien pour sa densité et sa capacité de rétention d’eau. Du sable corallien ou du sable marin fin peuvent également convenir. Le substrat sera installé en pente donnant sur de l’eau avec une salinité de 20 ppt. On pourra installer quelques plantes halophytes8 comme de jeunes plants de palétuviers, la température sera de 24 à 27°C. L’idée est de recréer un écosystème littoral.

Compte tenu de son régime alimentaire et de son agressivité, aucune cohabitation ne sera possible.

Pas de reproduction possible en captivité à l’heure actuelle.

PARASESARMA EUMOLPE (De Man, 1895)

Crabe Neon Face, Crabe des marais, Crabe à bandes faciales

L’espèce est largement répartie dans les zones indopacifiques occidentales (Indonésie, Malaisie, Vietnam, Cambodge, Singapour, etc.)

Si il est un crabe tout à fait remarquable tant par son apparence que par ses particularités, c’est bien celui-ci !

Ce petit bijou vivant a une carapace noire avec de petites taches jaunes, les pattes ambulatoires sont brunes avec des points bleus à violets, les pinces sont rouge clair à rouge foncé. Les régions frontale et sous-orbitaires sont marquées de bandes faciales généralement bleu irisé, vert, jaune ou turquoise.

Ces bandes semblent permettre aux crabes de se reconnaître entre membres de la même espèce et on suppose que ces crabes voient les couleurs ou, du moins, certaines d’entre elles. Les bandes des mâles sont le plus souvent bleues alors que celles des femelles sont généralement vertes.

Des observations scientifiques ont constaté que ces bandes servent aux mâles à évaluer le potentiel d’un possible adversaire à remporter un combat. Si un crabe n’est pas en forme physique, il ne pourra pas investir de ressources dans la production de couleurs coûteuses, préférant réserver son énergie pour rechercher de la nourriture ou creuser un terrier. De fait, ses bandes bleues seront plus ternes et il ne sera pas un danger pour un autre mâle, ce dernier n’aura pas de raison de se battre et nombre de combats seront ainsi évités. Les femelles procèdent de la même manière entre elles et chaque sexe à tendance à se rapprocher d’individus du sexe opposé avec les couleurs les plus éclatantes.

La couleur est donc le principal moyen pour jauger l’état de santé des crabes dont vous envisagez l’achat, si elle est terne voire effacée, passez votre tour !

Autre particularité de l’espèce : la stridulation ! P. Eumolpe communique par stridulation, notamment la nuit quand ses bandes faciales sont invisibles. Il le fait de deux façons : l’une en râpant une pince contre l’autre dans un mouvement de va-et-vient, c’est le train de râpes (Boon et al.) ; l’autre est une série de trains de râpes suivie d’un tapotement produit par la frappe de la pince râpeuse sur l’autre.

Le son produit est détecté par l’organe de Barth qui se trouve au niveau des pattes ambulatoires, sur la face inférieure de l’articulation merio-ischiale. Les mâles produisent ce son après avoir remporté un combat et il ne servirait qu’à proclamer leur victoire.

Maintenant que nous le connaissons mieux, comment le maintenir en captivité ? Ce sera en aquaterrarium (80L pour 5 crabes) avec une partie terrestre de 60 % avec un substrat de fibre de coco, d’humus pour terrarium, d’argile ou de sable avec une hauteur suffisante pour que les crabes puissent creuser. Le décor sera structuré sur plusieurs niveaux avec roches, bois et cachettes nombreuses. Les sorties d’eau devront être conçues pour que les crabes ne soient pas coincés dans l’eau par un congénère bloquant la sortie.

La cohabitation est possible avec des crevettes et/ou des poissons mais pas avec des écrevisses. Les escargots seront mangés.

P. Eumolpe doit être maintenu en eau saumâtre (8 à 20 ppt).

Pour les plantes, dans la mesure où elles risquent d’être mangées ou tout au moins grignotées, il faudra opter pour des plantes coriaces. Important, si les plantes proviennent de jardineries, elles devront d’abord être maintenues hors du terrarium pendant plusieurs semaines et être complètement hors sol avant d’être introduites dans le bac.

Attention aux câbles, ils sont susceptibles d’être grignotés et devront donc être dissimulés. Le couvercle devra être lesté, les crabes pouvant le soulever.

L’espèce est détritivore, omnivore et essentiellement végétarienne mais ne dédaigne pas une petite variation du menu. On fournira une nourriture riche en astaxanthine (caroténoïde) et en carotène, des feuilles d’automnes, des fruits et des légumes, des algues et, une à deux fois par semaine, des insectes lyophilisés ou crevettes de rivière, nourriture congelée (artémias, krill, mysis), poisson cru ou nourriture spécial crabes. Elle se nourrit aussi bien à terre que dans l’eau.

La reproduction est difficile car les zoés ont des stades larvaires en eau saumâtre et ont besoin d’une alimentation spécifique. Dans la nature, les oeufs sont libérés à la pleine lune ou à la nouvelle lune, à la marée haute.

PARATHELPHUSA FERRUGINEA (Chia & Ng, 2006)

Crabe rouillé

Il nous vient du Sud du Sulawesi et plus précisément des lacs Towuti et Mahalona, 2 des 5 lacs du système palustre Malili, en Indonésie.

Sa carapace est couleur de brun rouille et les pattes ambulatoires et les pinces peuvent avoir trois teintes possibles : jaunes, violettes ou rouge rouille. Pour le moment, les 3 teintes sont considérées comme appartenant à cette espèce mais des études sont en cours pour déterminer s’il ne s’agirait pas de 3 espèces distinctes.

Comme les autres Parathelphusas que vous trouverez plus loin, j’aurais pu mettre cette espèce dans le Chapitre I concernant les crabes 100 % aquatiques mais, ni cette espèce, ni les trois suivantes, ne le sont totalement et ont besoin de sortir de l’eau de temps à autre. C’est pourquoi, je les ai placées dans ce troisième chapitre.

Leur aquarium devra comporter une petite partie terrestre ou des roches, racines ou branches émergentes. Le sol du bac sera de sable avec gravier et petites roches. Compte tenu de sa grande agressivité et de son régime alimentaire, ces crabes seront maintenus sans colocataires.

L’espèce est omnivore à tendance carnivore et se nourrit de poissons, crevettes et escargots. Une litière de feuilles mortes sera laissée en permanence dans l’eau.

La reproduction est a priori possible mais sans certitude. Le mieux est de laisser une couche épaisse de litière de feuilles au cas où.

PARATHELPHUSA PANTHERINA (Schenkel, 1902)

Crabe panthère, Crabe léopard

Comme la précédente, cette espèce provient également du Sud du Sulawesi et vit dans le lac Matano (Indonésie), l’un des 5 lacs du système Malili et le 8ème lac le plus profond du monde.

C’est incontestablement l’un des crabes les plus populaires du hobby et aussi probablement celui qui compte le plus de décès.

De couleur jaune à orange pâle avec des rosettes rouge foncé, pattes comprises, les pinces sont également mouchetées et peuvent virer au rouge à leurs extrémités.

Dans la nature, on le trouve sur le rivage se cachant sous les racines et les feuilles. On concevra un bac avec une zone terrestre composée de roches et de bois. Les plantes ne sont pas indispensables et ont toutes les chances de se faire manger, si on souhaite en mettre, il faudra opter pour des espèces coriaces et qui peuvent encaisser un pH élevé (>7.5) et/ou des plantes flottantes (Pistias).

A l’état sauvage, l’espèce est omnivore et en captivité, elle consomme les nourritures du commerce comme des tablettes d’algues, de poisson ou de crevette, des flocons, des crevettes congelées ainsi que des carottes, du concombre et de la courgette. Pour le calcium, on peut donner une crevette non décortiquée. La nourriture doit être donnée en quantité suffisante afin d’éviter toute concurrence alimentaire qui pourrait faire augmenter l’agressivité. Pour cette raison, on ne fera pas cohabiter P. Pantherina avec d’autres animaux.

Concernant la reproduction, la femelle émet des phéromones qui rendent les mâles frénétiques et elle peut être en danger si ces derniers sont trop nombreux. Les petits naissent formés et doivent être séparés de leurs parents pour leur survie. Ils sont matures quand ils mesurent 5 cm (LS). La reproduction est considérée comme difficile en bac.

Attention ! L’espèce peut être confondue avec Heterochelamon Tessellatum (Crabe Panthère de Chine) qui présente une hétérochélie marquée, ce qui n’est pas le cas de P. Pantherina.

A noter, que l’on ne trouve quasiment que des mâles en vente.

PARATHELPHUSA SARASINORUM (Schenkel, 1902)

Crabe doré d’eau douce

Il provient du Lac Poso (Sulawesi central, Indonésie) contrairement à ce qui est dit sur le site qui le commercialise et le situe dans le système Malili dans le Sud du Sulawesi.

L’espèce vit essentiellement dans l’eau, sous les rochers et les pierres et se nourrit de petits invertébrés.

On comptera 40L par crabe et le sol sera composé de sable, de gravier et de roches. Ce crabe aime s’enfouir dans le sable et son comportement sera alors plus naturel. On ajoutera des cachettes, même artificielles et de quoi faire de l’escalade. Bien qu’il soit mentionné qu’il peut être maintenu à 100 % dans l’eau, on prévoira une petite partie terrestre de 20 %. Les plantes devront être robustes pour ne pas être consommées.

C’est une espèce agressive qui sera maintenue en bac spécifique, en couple ou en petit groupe mais avec un seul mâle.

P. Sarasinorum est omnivore et se nourrit de végétaux, algues, détritus, insectes et micro-organismes. Il apprécie tout particulièrement les aliments congelés ou vivants.

Pour l’instant, il n’y a pas d’infos quant à sa reproduction en captivité.

PERISESARMA BIDENS (De Haan, 1835)

Crabe à pinces rouges

On peut le trouver au Japon, en Thaïlande, à Singapour, à Hong-Kong et en Corée du Sud.

C’est un crabe d’estuaires et de mangroves qui vit en eau saumâtre (entre 10 et 20 ppt).

Territorial et agressif, il sera maintenu en paludarium avec un minimum de 80 cm de façade pour 3 individus, avec une zone terrestre de 50 % et 50 % d’eau saumâtre. La sortie d’eau sera en forme de plage avec du sable comme substrat afin qu’il puisse creuser un terrier, généralement sous une roche ou une racine, où il se précipitera en cas de danger. Il peut y rester également plusieurs jours lors des mues.

Il est possible de mettre des plantes mais il vaudra mieux opter pour des épiphytes car elles risquent de faire les frais des travaux de terrassement de l’espèce.

P. Bidens est omnivore et accepte une grande variété d’aliments pour crevettes et pour poisson, ainsi que des vers et des légumes blanchis. En raison de son opportunisme, on ne mettra pas d’autres animaux qui pourraient être considérés comme des proies.

La reproduction est difficile à reproduire en captivité, les larves évoluant en eau salée et ayant plusieurs stades larvaires.

Attention ! Confusion possible avec Episesarma Mederi et Pseudosesarma Moeschi tant par leur ressemblance que par leurs appellations commerciales.

PHRICOTELPHUSA LIMULA (Hilgendorf, 1882)

Crabe de cascade thaïlandais, Crabe Cascade

Il est endémique de l’île de Phuket en Thaïlande et comme son nom vernaculaire l’indique, on le trouve dans les ruisseaux rocheux et les cascades avec des berges humides. Il vit aussi bien sous l’eau que sur terre, se cachant dans les anfractuosités entre les pierres ou sous les racines.

Sa carapace est rouge orangé à rouge vif ce qui lui permet de se fondre dans le décor de roches rougeâtres de son environnement naturel. Les mâles présentent une hétérochélie.

Pour sa maintenance, on reproduira son habitat naturel avec une grande partie terrestre agrémentée de fougères et de mousses. Une cascade avec un débit modéré serait plus que bienvenu. Pour la partie aquatique, on pourra intégrer des Anubias, Microsorum et Bolbitis.

Omnivore, l’espèce apprécie particulièrement les fruits (pommes, bananes). Outre cela, on fournira des aliments congelés (artémias, larves de moustiques, cyclops) et des aliments végétaux (feuilles, catappa, légumes blanchis).

La reproduction est considérée comme facile et a déjà été observée avec succès. Avec le temps, les crabes s’habituent à leur soigneur et peuvent s’approcher à l’heure des repas.

PSEUDOSESARMA MOESCHI (De Man, 1888)

Crabe rouge de Thaïlande, Crabe rouge de mangrove

On le trouve dans toute l’Asie du Sud-Est : Malaisie, Indonésie, Thaïlande

Il vit à proximité des rivières, ruisseaux et marécages de plaines, à proximité immédiate de l’océan et des estuaires, avec des eaux salines.

Il est principalement de couleur rouge mais peut également être rouge violacé, voire violet foncé. Les pattes ambulatoires ont la même couleur que la carapace, les pinces sont rouges avec l’extrémité des doigts jaunes.

Le sol de la partie terrestre sera composé d’un mélange de 50 % de fibre de coco et 50 % de sable, sur 10 cm d’épaisseur. On laissera une plage libre de végétaux au bord de l’eau mais derrière, on pourra planter densément. Si de l’eau remonte en flaques sur le sol, les crabes adoreront et pourraient même préférer y rester plutôt que descendre dans l’eau.

A noter toutefois que ces crabes sont des terrassiers capables de refaire votre décor à leur convenance et de déterrer les plantes qu’ils risquent en plus de manger. On mettra des plantes robustes pour la partie terrestre comme des Chlorophytum Comosum, Ficus Pumila ou Quercifolius. Pour la partie aquatique, de la Riccia et de la mousse de Java conviendront très bien si l’eau est profonde (10 cm suffisent pour les crabes).

Le plus difficile à gérer pour cette espèce est l’eau car la maintenir uniquement dans de l’eau douce revient à réduire son espérance de vie. L’idéal est donc de fournir deux points d’eau séparés : un d’eau douce et un d’eau saumâtre.

P. Moeschi est essentiellement végétarien mais on pourra fournir, de temps en temps, du poisson, des moules ou des crevettes. Pour la verdure, on peut donner : salade, petits pois, carottes et fanes de carottes, poivrons et pissenlits. On donnera aussi régulièrement une bonne poignée de feuilles mortes (chêne, aulne, noisetier) avec microfaune associée (limaces, cloportes, vers), récoltée dans le jardin.

Si la nourriture est peu consommée, il faudra en donner moins car une mue peut être proche. Ces crabes ayant tendance à cacher de la nourriture, il faudra s’assurer que cette dernière ne s’avarie pas et la retirer pour ne pas polluer le bac le cas échéant.

En captivité, la reproduction est difficile car les zoés passent par 5 stades larvaires en eau saumâtre (15 ppt).

Attention ! Confusion possible avec Episesarma Mederi et Perisesarma Bidens.

SCANDARMA SPLENDIDUM (Naruse & Ng, 2009)

Crabe Volcan, Volcano Crab

On le trouve dans le Parc National de Bako, Etat du Sarawak à Bornéo (Malaisie).

L’espèce est nocturne, ne sortant que bien après le coucher du soleil, et a été observée escaladant des arbustes et des petits arbres à une hauteur d’environ 2 mètres. Plusieurs ont été vus sur des plantes près des cours d’eau ou des flaques.

Pendant la journée, ces crabes se cachent à la base des plantes. La majeure partie de la forêt est couverte de litière de feuilles et de petits arbustes épars, souvent avec un réseau de racines.

La moitié antérieure de la carapace est rougeâtre à orange et s’intensifie graduellement vers un rouge vif (tête et pinces). La moitié postérieure varie du crème au vert kaki avec des motifs violet foncé. Les pattes ambulatoires sont également violet foncé.

Il est omnivore et sera nourri avec des aliments pour crabes, aliments congelés, feuilles d’orties, d’épinards et de noyer blanchies, copeaux de légumes mais également proies vivantes (grillons, sauterelles).

La reproduction en aquarium n’est pas possible, les zoés ayant des stades larvaires.

Il peut cohabiter avec des poissons calmes, des escargots et des crevettes.

Attention ! L’appellation Crabe Volcan est également attribuée au Geosesarma sp Volcan. Les pinces de Scandarma Splendidum sont épaisses et massives alors que celles des Geosesarmas non.

SIAMTHELPHUSA SP MEKONG

Siamthelphusa Ranongensis (taxon non valide, espèce non reconnue), Mekhongthelphusa, Crabe du Mékong, Crabe de roche thaïlandais, Crabe des rizières thaïlandaises, Crabe du canal

Il est originaire du Sud de la Thaïlande et vit dans des rivières à courant lent et riches en végétation. C’est une espèce paisible et peu agressive que l’on peut observer en train de brouter, accrochée aux plantes ou au bois flotté. Ce crabe vit dans les sols boueux où il s’enfouit complètement, opération facilitée par sa carapace ovale et plate.

La carapace est brun grisâtre recouverte de taches sombres éparses. L’apparence, marbrée ou mouchetée, est variable selon la lumière ou la couleur de l’environnement. Les pattes et les pinces légèrement incurvées sont également mouchetées.

Il sera maintenu en paludarium avec un sol meuble de limon et/ou de sable fin, l’espèce est fouisseuse et doit pouvoir s’enterrer ou creuser des terriers. On fournira beaucoup de pierres lisses, des racines et du bois recouvert de mousses. C’est un crabe actif de jour comme de nuit, il faudra veiller à avoir un cycle jour/nuit naturel. On fera très attention à tout objet de décoration pointu, ces petits crabes peuvent se blesser.

L’espèce est omnivore avec une préférence pour les végétaux tendres et les détritus. Elle consomme : algues filamenteuses, mousse de Java, légumes tendres (courgettes, épinards), aliments pour poissons, granulés pour crabes. A cela, on ajoutera des aliments congelés pour poissons, crevettes vivantes ou congelées, isopodes et gammares aquatiques et petits poissons (rarement chassés).

Cette espèce, bien que certains sites le préconisent, ne doit pas être maintenue dans un aquarium sous peine de n’avoir aucune reproduction. La reproduction est annoncée comme facile, avec un développement direct sans stade larvaire mais les femelles ont besoin de sortir de l’eau pour préserver leur couvée et lui assurer une bonne maturation. Les pontes échouent quand les crabes sont maintenus dans un aquarium.

La cohabitation est possible avec des crevettes et des poissons mais les crabes peuvent possiblement opérer des prélèvements sur leurs colocataires.

SUNDATHELPHUSA SP ORANGE

Crabe orange, Crabe de feu, Sundathelphusa sp

La seule information sur sa provenance est qu’il vient d’Indonésie mais on ne sait pas de quel endroit exactement.

Le corps est brun orangé, les pattes ambulatoires sont brun orangé, les pinces sont blanc à blanc violacé ou blanc bleu et présentent une hétérochélie modérée.

C’est un crabe plutôt paisible bien que certaines confrontations puissent avoir lieu lors des mues. Ce n’est pas spécialement une espèce agressive mais quelques frictions territoriales sont possibles.

Bien qu’il passe la majeure partie de son temps dans l’eau, on lui fournira une petite zone terrestre avec des cachettes constituées de roches et de bois flotté. On fera de même dans l’eau avec en plus, une végétation constituée de plantes robustes comme des Anubias, fougères de Java et mousses. Le substrat sera constitué de sable ou de gravier et le courant sera soutenu.

L’espèce est omnivore, on lui donnera des aliments pour poissons, des légumes, des algues, des larves de moustiques, des daphnies séchées ou vivantes.

La reproduction est possible mais les zoés ont au moins un stade larvaire en eau saumâtre pour leur développement. La zone terrestre est indispensable aux juvéniles.

Attention ! L’appellation Crabe de feu est également donnée à Holthuisiana Lipkei.

VIETORIENTALIA RUBRA (Dang & Tran, 1992)

Crabe Pirate, Crabe Pirate doré, Crabe Pirate bleu, Crabe Pirate rouge, Rubrum, Vietorintalia (faute d’orthographe), Crabe guerrier

L’espèce est originaire du Vietnam mais son apparence unique et ses couleurs éclatantes, particulièrement prisées en Thaïlande et en Chine, font qu’elle est maintenant élevée pour le commerce au Vietnam, au Laos et au Cambodge. Elle vit dans les rivières de montagne.

V. Rubra présente 3 patrons de coloration possible : rouge, jaune et bleu. On ne sait pas encore s’il s’agit de 3 variantes de la même espèce ou de 3 espèces différentes. Seul l’avenir nous le dira. Quoi qu’il en soit, ladite espèce présente, pour les mâles, une hétérochélie très prononcée avec la pince la plus importante garnie d’un dactyle et d’un pollex particulièrement longs et courbés, toujours blancs pour les 3 variantes. Comme les crevettes, la couleur du corps s’adapte à l’environnement et peut être brune, brun clair, rouge, verte, vert pomme, bleue ou bleu ciel.

Ce crabe passe une bonne partie de son temps dans l’eau et sera donc maintenu en paludarium avec des zones aquatique et terrestre réparties par moitié. L’accès à l’eau sera en pente douce car s’il n’a besoin que de se mouiller à 50 ou 60 % de sa hauteur pour s’hydrater, il a besoin de s’immerger totalement pour muer. La pente lui permettra de choisir la hauteur d’eau dont il a besoin. Le substrat sera de gravier de rivière. L’eau ne devra jamais descendre sous 21°C et des changements d’eau doux seront faits toutes les deux à trois semaines. L’important est d’éviter de grosses variations des paramètres physico-chimiques de l’eau.

Pour la partie terrestre, il faudra prévoir des cachettes de deux fois la taille du crabe pour qu’il puisse muer facilement. A leur arrivée, les crabes creuseront et il faudra protéger les racines des plantes pour qu’ils ne les abiment pas. Ce peut être fait avec des grilles ou des pierres placées au-dessus. Une fois habitués à leur nouvel environnement, les crabes cesseront de creuser.

L’espèce est principalement carnivore, on lui donnera des insectes vivants ou congelés (vers de vase, grillons), crevettes, pastilles coulantes et, une ou deux fois par semaine, des courgettes, des épinards ou des tablettes d’algues.

A l’état sauvage, mâle et femelle cohabitent dans le même terrier pendant plusieurs semaines après l’accouplement puis le mâle quitte le terrier. La femelle, elle, reste cachée jusqu’au printemps, moment où les jeunes naîtront. Bien que l’espèce soit élevée en Asie, il n’a été rapporté aucune reproduction en captivité à ce jour.

LES METHODES D’ELEVAGE

Les crabes sont des animaux sédentaires qui passent la majeure partie de leur journée dans un abri. Avec les Geosesarmas, les gens ont découvert la maintenance dans de beaux paludariums ou terrariums, habillés de forêt tropicale et de structures complexes.

Ces aménagements ne sont pas indispensables pour la plupart des crabes. Beaucoup d’espèces se portent mieux dans un simple bac de terre (Gecarcoida Humei) voire ne survivent même pas dans un enclos « naturel » artificiel (Cardisoma Guanhumi).

Il existe 2 types d’enclos, donc 2 méthodes, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.

La méthode de l’amour

Elle a été popularisée par la culture occidentale et la Corée où elle est omniprésente. Elle vise à recréer un environnement naturel reproduisant le milieu d’origine. On y trouve des plantes, des enrichissements et un espace permettant aux crabes d’avoir des interactions entre eux et un comportement naturel qu’il est possible d’observer à travers une vitre. Malheureusement, certaines espèces ne parviennent pas à muer, ne se reproduisent pas ou meurent de stress sans qu’on sache pourquoi.

Ses avantages :

  • Beaucoup d’espèces sont propices à la création d’un biotope comportant plusieurs individus
  • Un beau paysage peut être créé
  • Un bassin est fréquemment présent et on peut y ajouter crevettes, poissons et escargots
  • Les crabes sont plus actifs et ont de plus belles couleurs
  • Ils peuvent être observés à travers le verre
  • La méthode fonctionne mieux pour les espèces cohabitantes
  • On observe des comportements naturels

Ses inconvénients :

  • La méthode ne s’applique pas à toutes les espèces, certaines refusent la reproduction
  • Plus chère à mettre en oeuvre
  • En cas de modification du cycle de l’enclos, les crabes peuvent mourir
  • Chez certaines espèces, on observe la formation d’algues vertes sur la bouche des crabes qui meurent peu de temps après

La méthode de l’obscurité ou Méthode sombre

C’est la méthode la plus efficace pour l’entretien des crabes mais elle est considérée comme maltraitante, les crabes perdant leurs couleurs. En faisant abstraction des considérations éthiques, cette méthode, popularisée par les éleveurs chinois, est la meilleure pour de nombreuses espèces qui ne survivent que dans l’obscurité et meurent ailleurs. Elle consiste en un bac généralement rempli de gravier humide, de corail concassé ou de terre. Elle recrée le terrier naturel du crabe : petit, chaud, humide et sombre. L’environnement est très peu stressant et aucune espèce n’est incompatible avec cette méthode.

Ses avantages :

  • Méthode la moins chère
  • Permet de conserver toutes les espèces
  • Le succès est assuré pour chaque espèce prise individuellement et pour la plupart en cohabitation
  • Permet de maintenir une plus grande variété d’espèces efficacement en terme d’espace

Ses inconvénients :

  • On ne peut pas observer aussi bien ses pensionnaires
  • L’élevage peut sentir
  • L’élevage peut nécessiter plus d’entretien
  • Les crabes se décolorent
  • Les crabes ne peuvent que peu se déplacer ni bénéficier d’enrichissements
  • Moralement, c’est discutable
  1. Automutilation pour échapper à un prédateur, voir l’article sur l’anatomie des crabes. ↩︎
  2. A noter que des crabes qui cherchent à quitter un bac peuvent indiquer un problème dans celui-ci : paramètres de l’eau non appropriés, manque de place ou de cachettes ou encore surpopulation. ↩︎
  3. Une pince est plus imposante que l’autre ↩︎
  4. 1 ppt = 1 g de sel dissous par kg d’eau. ↩︎
  5. Zone calcaire. ↩︎
  6. Fruit de l’aulne ↩︎
  7. Zones entre marée basse et marée haute ↩︎
  8. Plantes adaptées aux milieux salés ↩︎
  9. Données d’Observation pour la Reconnaissance et l’Identification de la flore et de la faune Subaquatiques ↩︎
  10. World Register of Marine Species ↩︎

Sources : Research Gate, Plazi, Zootaxa, Decanet, Crab Database, DORIS9, WORMS10, Crustacean Council, B-Aqua, Insektenliebe, Biodiversity Heritage Library (BHL), Indoor Ecosystem, Interaquaristik, Garnelio, Aquarium Glaser, Biolib, Predatory Fins

Photo d’accroche : Générée par IA