Comment se reproduisent nos poissons ?

shanganagh-takhisis
shanganagh-takhisis il y a 2 mois

Chez les poissons, on distingue deux formes de reproduction : les ovipares et les vivipares (et ovovivipares) d’autre part. Mais qu'est-ce que cela signifie ?

Les vivipares et ovovivipares

Un poisson « vivipare » donne naissance directement à des alevins parfaitement constitués. Les femelles vont conserver les embryons dans leur abdomen afin de les protéger.

Ces poissons ont besoin de s’accoupler et de pratiquer une fertilisation interne pour se reproduire. Les mâles vont posséder une nageoire anale transformée soit en une sorte de tube, le « gonopode », soit en une sorte de cuillère, « l’andropode » pour transférer le sperme à la femelle.

poisson gonopode
poisson gonopode

Mais attention, on distingue les « vivipares vrais » des « ovovivipares ». Chez les « vivipares vrais », il existe une structure d’échanges respiratoires et nutritifs entre l’embryon et sa mère qui joue le rôle de notre placenta (trophotaeniae). L’embryon croît grâce aux apports permanents de nutriments de sa mère comme chez les Ameca Splendens et les Xenotoca Eiseni, de la famille des Goodeidés. Chez ces deux variétés, le mâle possède un gonopode. Ces deux variétés ne sont pas ovovivipares (cas rare).

Ameca splendens
Ameca brillante
Ameca splendens
Xenotoca eiseni
Goodea de eisen
Xenotoca eiseni

Chez les ovovivipares, cette structure d’échanges est absente et l’embryon se développe uniquement grâce aux réserves de l’œuf dans lequel il est enfermé. L’œuf est simplement protégé dans l’abdomen de la femelle. Cette particularité est typique de la famille des Poecilliidés qui comprend le Guppy, les Molly et Velifera, les Platy et Xipho.

Poecilia reticulata
Guppy
Poecilia reticulata
Poecilia sphenops
Molly tacheté
Poecilia sphenops
Poecilia velifera
Molly-voile
Poecilia velifera
Xiphophorus hellerii
Xypho
Xiphophorus hellerii
Xiphophorus maculatus
Platy
Xiphophorus maculatus
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Tous les poecilliidés

Les poissons vivipares dont nous parlons regroupent donc à la fois les « vivipares vrais » et les « ovovivipares ». L’intervalle entre deux pontes est en moyenne de 3 à 5 semaines, selon l’espèce et la température. On maintiendra les poissons à raison d’un mâle pour 3 ou 4 femelles. Il n’y a pas de couple.

A noter que certaines femelles peuvent stocker le sperme des mâles et générer ensuite des pontes en l’absence de mâle dans l’aquarium.

Les ovipares

Ce sont des poissons qui pondent et fécondent leurs œufs en pleine eau, souvent au sein de plantes, ou dans des cachettes. Chaque espèce a donc ses préférences concernant l’endroit où elle déposera ses œufs. La parade nuptiale est aussi spécifique de chaque espèce et correspond le plus souvent à un changement de livrée chez les mâles.

La femelle pond les œufs et le mâle les féconde immédiatement. Les pontes peuvent se succéder toutes les semaines quand il n’y a pas d’élevage de petits. Les alevins sont plus petits et seront nourris une fois leurs réserves vitellines épuisées c'est-à -dire à la nage libre.

Il existe différents types d’ovipares.

Les pondeurs en eau libre : (Characidés, Cyprinidés…) qui pondent en pleine eau et dans les touffes de plantes et abandonnent des œufs par centaines. Il n’y a pas de soin aux œufs qui peuvent servir de repas aux adultes, y compris leurs propres parents. A noter que certains œufs (Characidés) sont lucifuges et ont donc besoin d’obscurité pour se développer. Il convient donc de bien connaître l’espèce que l’on souhaite reproduire.

Pour ces pondeurs en eau libre, on préparera un bac de reproduction possédant un fond grillagé, afin que les œufs puissent passer à travers les mailles et ainsi échapper à l’appétit de leurs géniteurs.

poisson reproduction tanichthys albonubes
Tanichthys Albonubes
poisson reproduction danio rerio
Danio Rerio

Les poissons pondent à plusieurs avec un ratio mâle/femelle qui varie selon l’espèce, il n’y a pas de couple.

Dans cette catégorie de pondeurs, on peut rajouter ceux qui collent leurs œufs (vitre, plantes) en les abandonnant toujours. (Corydoras). Copella Arnoldi (Characin Arroseur), quant à lui, joue les acrobates et colle ses œufs hors de l’eau...

poisson reproduction ponte corydoras aeneus
Corydoras Aeneus
poisson reproduction ponte copella arnoldi
Ponte de Copella Arnoldi
poisson reproduction oeufs ponte copella arnoldi
Oeufs de Copella Arnoldi

Les pondeurs sur substrat découvert : (Cichlidés) : Ici, le couple pond sur une pierre, racine, plante, le sable ou autre (vitre, filtre, chauffage…). Les parents surveillent les œufs et les alevins qui naissent au bout de quelques jours. Les parents protègent le territoire et la descendance contre tout intrus et déplacent les alevins (souvent à l’éclosion) puis les promènent dans l’aquarium durant la nage libre. Ce n’est que quelques temps plus tard que les jeunes seront chassés par les parents qui pondront à nouveau. Ici, les poissons sont en couple ou en harem.

poisson reproduction hemichromis guttatus
Hemichromis Guttatus
poisson reproduction microgeophagus ramirezi
Microgeophagus Ramirezi
poisson reproduction scalaire
Scalaire

A noter le cas particulier des Discus et Uaru qui nourrissent leurs alevins durant les premiers temps avec un mucus sécrété par leur peau. Les alevins picorent leurs parents.

poisson reproduction discus vert téfé
Discus Vert Téfé
poisson reproduction Uaru Fernandezyepezi
Uaru Fernandezyepezi
poisson reproduction Ramirezi surveillant ses petits
Ramirezi surveillant ses petits

Les pondeurs sur substrat caché (Cichlidés, Ancistrus, Tateurndina...) Ils pondent dans une anfractuosité de roche, une noix de coco ou autre. Il y a également surveillance et accompagnement des alevins (Cichlidés) ou juste surveillance des œufs (Ancistrus).

poisson reproduction Apistogramma Cacatuoides
Apistogramma Cacatuoides
poisson reproduction Tateurndina Ocellicauda
Tateurndina Ocellicauda
poisson reproduction Ancistrus Dolichopterus
Ancistrus Dolichopterus

Les pondeurs en nids de bulles : (Labyrinthidés : Betta splendens (Combattant), et gouramis : Trichogaster, Trichopsis, Colisa) :

Ici, le mâle construit un nid en enrobant des bulles d’air avec de la salive et rajoute des débris végétaux pour ancrer le tout. La femelle est invitée à pondre et les poissons s’enlacent sous l’édifice. Les œufs tombent et sont récupérés pour être soufflés dans le nid.

poisson reproduction Combattant fabriquant son nid
Combattant fabriquant son nid
poisson reproduction Nid de Colisa
Nid de Colisa
poisson reproduction Accouplement de Betta Splendens
Accouplement de Betta Splendens
poisson reproduction Accouplement de Colisa Chuna
Accouplement de Colisa Chuna

Les incubateurs buccaux : Les poissons pondent en couple sur un substrat mais un des parents prend les œufs en bouche et les protège ainsi. Une fois éclos, les alevins sont repris en bouche pendant une durée variable selon l’espèce au moindre danger.

poisson reproduction incubateur buccal
poisson reproduction incubateur buccal

Les Killies : (Cyprinodontiformes) Ces poissons n’entrent pas vraiment dans les catégories ci-dessus. Les poissons pondent quelques œufs chaque jour.

On distingue les non annuels : Cyprinodon, Fundulus et Rivulus en Amérique, ainsi qu'en Afrique et en Asie pour Aphyosemion, Aplocheilus, Epiplatys, Fundulopanchax, Lacustricola et Europe du Sud avec Aphanius

Aphanius mento
Aphanius mento
Aphanius mento
Aplocheilus lineatus
Panchax rayé
Aplocheilus lineatus
Cyprinodon Diabolis
Cyprinodon diabolis
Cyprinodon Diabolis
Epiplatys roloffi
Panchax de roloff
Epiplatys roloffi
Rivulus agilae
Rivulus agilae
Rivulus agilae

Et les annuels : Nothobranchius, Austrolebias d'Amérique du Sud, Gnatholebias, Pterolebias, Simpsonichthys et Terranatos.

Austrolebias nigripinnis
Cyno étoilé
Austrolebias nigripinnis
Gnatholebias zonatus
Gnatholebias zonatus
Gnatholebias zonatus
Nothobranchius rubripinnis
Nothobranchius rubripinnis
Nothobranchius rubripinnis
Terranatos dolichopterus
Killie-ange
Terranatos dolichopterus

Dans la nature, les annuels vivent dans des mares qui s’assèchent à la saison chaude et périssent quand il n’y a plus d’eau. Les œufs restent humidifiés mais un peu à l’air libre et éclosent à la saison des pluies suivante. Les pontes des annuels ont la particularité de pouvoir être conservées durant des mois, et même parfois des années. Pour cela, les poissons enfouissent leurs œufs dans un substrat qui maintiendra un minimum d’humidité pendant la saison sèche.

Les non annuels vivent soit dans des mares et flaques ne s’asséchant pas complètement, soit près des berges de petits ruisseaux forestiers. Les œufs n’ont donc pas besoin d’une période à sec pour éclore. Beaucoup d’œufs de ces espèces supportent aussi très bien une incubation hors de l’eau, mais ce n’est pas le cas pour toutes. L’incubation pour ces espèces dure entre 10 jours et quelques semaines. Les non annuels pondent ainsi tous les jours et les œufs éclosent au fur et à mesure.

Pour copier la nature, on utilise de la tourbe (ou de la fibre de coco broyée) que l’on place dans l’aquarium de ponte. Afin de limiter la dispersion de la tourbe dans l’aquarium, elle sera placée dans de petits récipients. Les poissons s’habituent rapidement à cet accessoire et vont y pondre.

poisson reproduction trois récipients différents
Trois récipients différents
poisson reproduction bouteille fermée avant son immersion
Bouteille fermée avant son immersion

On peut également utiliser des mops (fils de laine foncée fixés à un bouchon en liège ou simplement posés dans le fond) et récupérer les œufs tous les jours. Dans un cas comme dans l’autre, les œufs seront placés dans de la tourbe humide mais sans eau, le temps nécessaire à leur incubation.

Pour la conservation des œufs la tourbe doit avoir une humidité telle qu’elle doit présenter des particules blondes. Son acidité naturelle empêchera les œufs de moisir.

poisson reproduction couple sur tourbe
Couple sur tourbe
poisson reproduction oeufs sur mop
Oeufs sur mop
poisson reproduction boite de tourbe et ses oeufs
Boite de tourbe et ses oeufs

Après une première mise en eau qui a donné des naissances, la tourbe sera à nouveau asséchée car il reste des œufs en attente. Dame Nature a prévu une éventuelle période de sécheresse après une éclosion, d’où cette seconde éclosion.

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shanganagh-takhisis
shanganagh-takhisis il y a 2 mois
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Il existe différents modes de reproduction chez nos poissons

  • Pondeurs en eau libre
  • Pondeurs sur substrat découvert
  • Pondeurs sur substrat caché
  • Pondeurs en nids de bulles
  • Incubateurs buccaux
  • Les exceptions

Découvrez ces différents modes ci-contre au travers de cet article.

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Un commentaire

plouf
plouf
Merci, très instructif.
Anonyme
Anonyme
Anonyme
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