COUP D’OEIL SUR LES CRABES D’ORNEMENT – Chapitre I : Les 100 % aquatiques
Avec l’arrivée des crabes d’ornement est également arrivée la fameuse accroche « 100 % aquatique ! », littéralement affichée en jaune fluo et lettres majuscules. Les commerciaux étant ce qu’ils sont : des vendeurs, cette accroche était un sacré argument pour toucher les aquariophiles avides de nouveautés exotiques. Malheureusement, bon nombre d’espèces en ont fait les frais comme les Geosesarmas, semi-aquatiques, qui sont morts par centaines à cause de l’appât du gain.
Je vous propose un tout petit tour d’horizon des quelques espèces purement aquatiques (les vraies), qu’elles soient d’eau douce ou d’eau saumâtre. Les crabes marins ne sont pas abordés ici. Dans les tableaux de maintenance, la cohabitation correspond à une maintenance avec des crevettes ou des poissons, les crabes ne devant jamais être maintenus avec des crabes d’autres espèces.
LIMNOPILOS NAIYANETRI (Chuang & Ng, 1991)
Faux crabe araignée
Il est originaire de Thaïlande où on le trouve dans les rivières, sur les racines des plantes aquatiques comme les jacinthes d’eau (Eichhornia Crassipes). Il mesure rarement plus de 1 cm (LS) et 2 à 2,5 cm d’envergure (LT) et ressemble plus à une araignée qu’à un crabe d’où son nom vernaculaire.
Généralement gris brun pâle, presque transparent, sa couleur peut changer en fonction de son humeur, devenant brun orange à gris clair. C’est le plus petit crabe d’eau douce au monde. Son espérance de vie n’excède pas 2 ans.
Limnopilos possède de longues pattes munies de griffes intégralement recouvertes de soies. Ces dernières lui servent à filtrer l’eau et à capter les nutriments qu’il mangera en faisant sa toilette mais ne sont pas sa seule façon de se nourrir car il est omnivore, détritivore et charognard. S’il ne chasse pas de façon active, il collecte sa nourriture sur le sol, dans les racines des plantes flottantes et consommera également le biofilm, les algues, des légumes blanchis mais ne touchera pas aux plantes. En aquarium, on ne le nourrira pas si le bac comporte d’autres animaux puisqu’il peut être maintenu avec des crevettes ou des micro poissons (characidés).
Timide et de mœurs nocturnes, il ne sort en général que la nuit et est très paisible. Au contraire de la plupart des espèces de crabes, il est sociable et les mâles ne se battent pas entre eux mais, au contraire, partagent même une cachette. La maintenance en colonie est préférable (plus de 10 individus), les crabes se montreront alors plus confiants et plus actifs.
Etant purement aquatique, il peut être maintenu en bac ouvert et se satisfera des mêmes paramètres que les crevettes étant peu regardant sur les paramètres de l’eau. Il sera acclimaté avec le même soin que ces dernières. Le bac devra comporter des coins sombres car Limnopilos, en bon nocturne, n’apprécie pas la lumière.
Petite précision, le bac devra être mature avant leur introduction (plus de 6 mois) et bien planté et comporter des plantes flottantes, de préférence, à longues racines (Pistia Stratiotes, Limnobium Laevigatum, Anubias).
Les femelles portent de gros œufs qui donnent naissance à des jeunes déjà développés, sans stade larvaire.



ILYOPLAX SAYAJIRAOI (Trivedi, Soni, Trivedi & Vachhrajani, 2015)
Crabe sémaphore
L’espèce provient des zones côtières de Komboi en Inde et est une habitante des vasières. C’est un crabe d’eau saumâtre qui ne sort jamais de l’eau sauf parfois les yeux. Son habitat naturel ne comporte aucune végétation à part des résidus d’algues. En aquarium, les plantes ne sont pas un problème pourvu qu’elles puissent supporter un pH minimal de 7.2 (Lomariopsis Lineolata par ex.)
Bien que diurne, il aime avoir un ombrage quand la lumière est trop vive, il est actif la journée et se retire dans une cache pour la nuit. L’espèce n’est pas agressive maintenue en couple mais les mâles délimitent un territoire d’une trentaine de centimètres de diamètre. Malgré leur petite taille de 0.6 à 1 cm (LS) et une envergure maximale qui n’excède pas 2 cm (LT), un aquarium de 20 L ne peut accueillir qu’un seul couple. Le mode de reproduction n’est pas encore connu en aquarium mais on suppose un passage nécessaire des zoés en eau salée. Côté alimentation, c’est un opportuniste qui mange tout ce qu’il trouve.
La carapace est vert olive et l’abdomen blanc cassé à crème, les chélipèdes sont violet rosé côté proximal (près du corps) et blanc côté distal (vers l’extérieur), les doigts sont blancs.


PTYCHOGNATHUS BARBATUS (A. Milne-Edwards, 1873)
Crabe Pompon, Pom Pom Crab
On le pensait répandu un peu partout en Asie ainsi qu’à Madagascar mais de récentes études portant sur les ADN ont découvert que la plupart des crabes décrits comme P. Barbatus dans les autres pays n’en étaient pas. A priori, il est endémique de Nouvelle-Calédonie. C’est une espèce qui vit en général sur les rivages influencés par les courants d’eau douce. En effet, il a été découvert sous des rochers sur une plage près de l’estuaire de la cascade de Wadjana dans la province Sud de la Nouvelle-Calédonie.
Contrairement à ce qui est dit sur nombre de sites, ce n’est pas un crabe d’eau douce mais bien d’eau saumâtre. Il réside dans les eaux calmes, entre les roches, à quelques dizaines de centimètres de profondeur. C’est un crabe fouisseur et il aura besoin d’un sable de rivière avec une granulométrie moyenne en aquarium. Il est susceptible de déterrer vos gazonnantes. C’est également un excellent grimpeur et il faudra être particulièrement vigilant pour éviter une évasion intempestive. Le couvercle devra être parfaitement fermé, les passages de câbles colmatées (avec du perlon par ex.) et, éventuellement, le niveau d’eau abaissé. Bien qu’il soit préférable de le maintenir en bac spécifique, il est possible de le maintenir avec des crevettes ou des petits poissons car il n’exercera pas de prédation dessus.
Côté alimentation, bien qu’il soit plutôt herbivore, c’est un opportuniste qui mange tout ce qu’il trouve y compris les cadavres de crevette ou de poisson. Contrairement à ce que l’on peut penser, ses « pompons » ne servent pas à filtrer l’eau mais le crabe se nourrit des particules qui s’y trouvent quand il les nettoie. Il peut possiblement être nécessaire de le complémenter en calcium (os de seiche). En aquarium, il accepte facilement les granulés, flocons et pastilles d’algues mais également des légumes blanchis (épinards par ex.) et des morceaux de crevettes (fraîches ou lyophilisées).
Les mâles sont plus grands que les femelles et possèdent de grosses pinces dotées d’une touffe de poils à l’articulation. Les femelles n’en ont pas sauf celles de grande taille mais la touffe de poil sera très faible. La taille moyenne de ces crabes est de 1.5 à 2.5 cm (LS). Le corps, les pattes et les pinces sont orange. Jusqu’à maintenant, aucune naissance n’a été signalée en aquarium, les zoés doivent passer par 2 stades larvaires au minimum en eau saumâtre ou salée. Si ces crabes sont maintenus de bonnes conditions, ils peuvent vivre très longtemps. En aquarium, il faudra compter 1 individu pour 5 à 10L et on ne le fera pas cohabiter avec d’autres espèces de crabes. La salinité de l’eau sera comprise entre et 15 et 32 USP (Unité de Salinité Pratique).


POTAMOCYPODA PUGIL (Tweedie, 1938)
Crabe fantôme
Il provient de Malaisie orientale. C’est un petit crabe discret et nocturne qui passe son temps à fouir dans le sable et à se cacher. Très timide et relativement peu territorial, il préfère les eaux calmes. Il sera maintenu en petit groupe de 5-6 individus avec de nombreuses cachettes (feuilles, racines, tubes, écorces) dans un bac densément planté. Il est possible de le maintenir avec des crevettes et/ou des micro poissons paisibles. Attention aux petits escargots qui sont susceptibles de devenir ses proies. Bien qu’il ne quitte pas l’eau sur de longues périodes, il peut accepter volontiers de se percher sur une branche ou une racine émergente.
Il sera acclimaté au goutte-à-goutte durant 45 mn à 1 heure, avec une faible lumière, et ne sera pas nourri pendant les premières 24 heures.
Côté alimentation, c’est un omnivore opportuniste. Il faudra le nourrir peu mais régulièrement et retirer les restes non consommés.
En aquarium, il ne sera pas possible de le reproduire, les larves devant passer en eau saumâtre pour leur évolution. A noter que les crabes vendus dans le commerce sont d’origine sauvage.


VARUNA LITTERATA (Fabricius, 1798)
Varune tachetée, crabe pèlerin, crabe nageur des rivières
J’ai pu trouver le descriptif de Fabricius (en latin !) mais le document traite de nombre d’espèces (plantes, insectes, crustacés, etc.) et les infos sont particulièrement succinctes. C’est plus un méli-mélo d’espèces diverses.
C’est une espèce euryhaline1 que l’on trouve dans les régions de l’Indopacifique où elle est particulièrement répandue et pêchée pour l’alimentation des populations locales.
Elle vit dans les eaux saumâtres à douce et dans les zones interdidales2 dont le fond est composé de sédiments limoneux, argileux, sableux et vaseux. Le courant y est lent à presque stagnant . La salinité de l’eau est comprise entre 20 et 25 USP3.
On la trouve généralement au bord des mangroves, les estuaires et fréquemment sous les rochers, les troncs d’arbres et les feuilles mortes immergés. Elle vit dans des terriers le long des berges d’étangs, de ruisseaux et de rivages peu profonds. On la voit parfois sur les feuilles des plantes aquatiques telles la jacinthe d’eau et elle apprécie également se cacher derrière les plantes aquatiques qui coulent dans les plans d’eau.
D’une manière générale, l’espèce préfère les zones directement exposées à l’océan, plus riches en nutriments.
Les pattes ambulatoires sont longues et fines, la dernière paire (p5) est très plate et en forme de pagaie permettant au crabe de nager. Les paires p3 et p4 sont également aplaties. Ces 3 paires de pattes sont bordées de soies.
La carapace est brun orangé à brun foncé, presque noire. Les pattes ambulatoires sont brun orangé ainsi que les pinces qui peuvent aller jusqu’au brun à brun rouge. Il semble qu’il puisse y avoir des variations de couleurs selon l’origine géographique.
Dans le mesure où c’est une espèce dont la taille frise les 10 cm pattes déployées, il sera maintenu dans un bac bien fermé d’au minimum 80 cm de façade avec une eau saumâtre et de nombreuses cachettes. Le sol de l’aquarium devra être meuble pour qu’il puisse creuser un terrier et un espace pour nager doit être prévu. Il peut être maintenu en petit groupe si l’aquarium est assez grand.
Côté alimentation, il est détritivore, omnivore et c’est un opportuniste qui peut aussi faire un sort à vos crevettes et vos escargots. On évitera donc une maintenance commune.
Pour la reproduction, pas d’espoir à avoir de ce côté-là, c’est quasiment impossible en aquarium. Les zoés sont planctophages et ont plusieurs stades larvaires dont le dernier, le stade mégalope4, fait remonter les varunes en eau douce pour leur dernière métamorphose.



SYNTRIPSA MATANNENSIS (Schenkel, 1902)
Crabe de Matano, Crabe violet de Matano
On le trouve dans le lac Matano au Sulawesi (Indonésie).
Il est intégralement rouge sombre à violet, seules les extrémités de ses pinces sont blanc jaunâtre. Les pinces , puissantes, sont pigmentées de blanc aux articulations. La gauche est plus grosse que la droite (hétérochélie).
Les Matano ne dépendent pas de la terre sèche bien qu’ils soient capables d’y accéder. Compte tenu de leur grande taille et de leur besoin de compagnie, on optera pour un aquarium couvert de 200L minimum pour 3 individus. Le couvercle devra être solidement fixé car il pourrait être soulevé par les crabes.
Le sol du bac sera composé de sable, comme dans son lac d’origine, parsemé de gravier et de petites roches. La filtration devra être performante car ce sont de gros pollueurs en regard de leur alimentation. Un système Venturi sera un plus pour l’oxygénation de l’eau.
Pour cette dernière, le mieux sera de l’eau osmosée reminéralisée avec des sels spécifiques pour ce milieu. Ceux préconisés sont Salty Shrimp Sulawesi Mineral 8.5 et Salty Shrimp Mineral 7.5.
Dans la nature, ils sont malacophages, détritivores et charognards et mangent de tout, leurs proies de prédilection sont des escargots à coquille épaisse qu’ils brisent avec leurs puissantes pinces.
En captivité, on leur donnera des escargots, du poisson, des aliments congelés, des vers de sang et un supplément de calcium sous la forme d’un os de seiche. Il faudra être attentif à leurs préférences individuelles car tous ne mangeront pas la même chose.
Autre chose à surveiller : la mue. Celle des Matano se produit environ toutes les 8 semaines. Leur activité baisse et ils ont moins de contacts sociaux. Il est primordial de ne pas les déranger durant cette période car ils pourraient en mourir. La mue terminée, le crabe mangera l’exuvie qui apportera les nutriments nécessaires à la formation de la nouvelle cuticule.
Pour l’instant, il n’est fait aucun retour d’expérience concernant une reproduction réussie en aquarium.


SYNTRIPSA FLAVICHELA (Chia & Ng, 2006)
Crabe à gorge blanche, Crabe Towutik à ciseaux blancs, Matano white claws crab, White claw crab
Il est endémique des lacs Towuti et Mahalona qui font partie du système lacustre du lac Matano au Sulawesi (Indonésie) et il vit sous les rochers et les terrasses rocheuses.
La carapace peut être brun foncé, rougeâtre ou violette. Les pattes peuvent être brun à brun foncé ou rouge foncé à presque noires, leurs articulations sont souvent marquées d’une teinte plus claire. Les pinces sont particulièrement puissantes car, comme S. Matannensis, l’espèce est spécialisé dans la chasse aux escargots et elles lui permettent de briser les coquilles épaisses de ces derniers. Elles peuvent être entièrement blanches ou jaune pâle avec les pointes brun rouge presque noir. La pince gauche est plus grosse que celle de droite (hétérochélie). Les yeux sont noirs.
Pour un groupe de 3, il ne faudra pas moins de 200L et 1 mètre de façade. On reproduira son habitat naturel en aquarium avec un sol de sable parsemé de petites roches. Les plantes sont bienvenues mais elles sont susceptibles d’être déterrées et/ou mangées. Des plantes épiphytes comme les Anubias et les fougères de Java seront sans doute plus appropriées.
On prévoira également une roche ou une racine affleurante pour permettre aux crabes d’y grimper quand ils le souhaitent.
L’espèce peut cohabiter avec des poissons vifs et des crevettes de la même origine qu’elle, comme les crevettes cardinales (Caridina Dennerli).
Côté nourriture, on lui donnera des escargots bien sûr mais également de la nourriture congelée, de la nourriture pour crabe carnivore et de la nourriture riche en protéines.
La reproduction est possible et les jeunes naissent entièrement formés, sans stade larvaire.


Sur la photo ci-dessous, en regardant bien, on peut apercevoir S. Flavichela à l’entrée de son terrier, à droite.


NAUTILOTHELPHUSA ZIMMERI (Balss, 1933)
Crabe Malili
Il nous vient du Sud du Sulawesi, de 3 des 5 lacs du système lacustre Malili, le lac Matano, le lac Towuti et le lac Mahalona. D’abord déclaré comme étant un Parathelphusa, N. Zimmeri est bien plus aquatique que ces derniers et peut être maintenu en aquarium.
Sa coloration est brun rouge à beige avec des taches plus sombres. La dernière paire de pattes (p5) est aplatie ce qui implique une adaptation à la nage, même si l’espèce n’a jamais été vue en train de nager.
Dans son habitat naturel, N. Zimmeri vit dans des eaux claires calmes ou avec un courant lent. Sédentaire, c’est néanmoins un chasseur alerte et agile qui part fréquemment chercher de quoi se nourrir.
Un aquarium de 100 L structuré avec roches, racines et grottes lui conviendra très bien. Une végétation dense composée d’Anubias, de Microsorum et de Cryptocorynes est tout à fait adaptée et ne nécessite que peu d’entretien. Le sol sera de sable fin ou de gravier.
Omnivore, on lui donnera des aliments spécifiques pour écrevisses (granulés ou tablettes), des aliments congelés (crevettes, mysis), des aliments végétaux (épinards, catappa) et une litière de feuilles d’automne pour les fibres.
A priori, la reproduction est possible en aquarium même si je n’ai pas trouvé de retour d’expérience. Les jeunes naissent formés, sans stade larvaire, et restent cachés, se nourrissant de biofilm et de feuilles fines. Il va sans dire que le bac doit être mature (+ de 6 mois) pour que les petits puissent évoluer.
Attention ! Chez les commerçants, le pH donné pour cette espèce est de 6.5 à 7.5, mais les lacs du système Malili ont un pH de 7.5 à 8.5. Vous pouvez vous baser sur les valeurs données pour les Syntripsas Matannensis et Flavichela.


THAKSINTHELPHUSA YONGCHINDARATAE (Nayanetr, 1988)
Crabe Melon
Il vient de Thaïlande et vit dans des eaux calmes et claires avec des fonds sableux et n’en sort jamais. Il privilégie les zones ombragées et bien structurées avec des racines, des roches et de la litière de feuilles qui offrent abris, cachettes et nourriture. Il est crépusculaire et nocturne et ne se nourrit, en général, qu’après la tombée de la nuit.
La carapace est vert kaki avec de petites taches blanches à jaune pâle et comporte un motif transversal violet. Les pattes sont couleur melon jusqu’aux basis puis deviennent violettes. Les pinces sont melon, ce qui lui vaut son nom vernaculaire.
L’aquarium sera de 60L pour un seul crabe et l’on recréera les conditions de son habitat naturel. Un courant léger sera approprié pour s’en rapprocher. Pour éviter que les plantes ne soient déterrées, on optera pour des épiphytes en plantation dense. Elles seront accompagnées de plantes flottantes comme des Pistias Stratiotes.
L’espèce est omnivore et se nourrit directement dans le substrat. On lui donnera des aliments congelés (artémias, krill, larves de moustiques), des granulés pour écrevisses ou poissons-chats, des courgettes blanchies et des feuilles d’automne.
La reproduction est possible en captivité mais rare et uniquement dans des conditions optimales. Les femelles portent de gros oeufs, les jeunes éclosent formés, sans stade larvaire.




CRABE A PATTES BLANCHES
De lui, on ne sait rien et même le site qui le propose à la vente n’est pas fichu d’avoir des renseignements valables. C’est dire s’il s’inquiète de la vie de cette espèce.
Il est possiblement originaire des Philippines ou du Sulawesi et on ignore quel est son habitat, son mode de vie et son alimentation. Quand on demande au vendeur des informations pour sa maintenance, la réponse est « probablement la même que Parathelphusa Pantherina » puisqu’il proviendrait du même coin. Quand on sait que ce dernier est semi-aquatique, c’est plutôt inquiétant !
Bref, aucune information vérifiable et une supposée maintenance qui a toutes les chances d’expédier ce crabe direct au paradis !
Le vendeur admet même que ce pourrait être une espèce entièrement nouvelle mais ça ne l’empêche pas de le vendre à un prix dérisoire, environ 8 euros. Question déontologie, ça laisse sérieusement à désirer !
Pour toutes ces raisons, je ne mets pas de photo de ce crabe qui n’a rien à faire dans le commerce à l’heure actuelle. Na !
Sources : DORIS5, Crab Database, WORMS6, Research Gate, gbif, B-Aqua, Garnelio, Interaquaristik, Crustaceology, My Home Nature, Sulawesi Keepers
- Qui peut vivre dans des eaux à salinité variable ↩︎
- Zones entre marée haute et marée basse, estrans ↩︎
- Unité de Salinité Pratique ↩︎
- Stade larvaire ultime des crabes caractérisé par des yeux énormes ↩︎
- Données d’Observation pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et la flore Subaquatiques ↩︎
- World Register of Marine Species ↩︎
Photo d’accroche : Aquaplante