Dans cet article, vous trouverez les espèces de Geosesarmas que l’on peut trouver en vente à l’heure actuelle. Cela inclut également les Geosesarmas « sp » qui peuvent être :

  • Soit des Geosesarmas reconnus et décrits avec un taxon valide mais mal ou non identifiés
  • Soit des Geosesarmas non décrits qui proviennent de collectes sauvages sur sites
  • Soit des hybrides

Pour chaque espèce, vous trouverez les différents noms attribués par les commerçants pour vous allécher, y compris des appellations scientifiques inventées de toutes pièces pour faire plus sérieux. Il ne faut pas perdre de vue que pour les espèces « sp » provenant directement d’Asie, les informations données pour leur maintenance peuvent être tout à fait fantaisistes et ne pas correspondre à l’espèce en question, étant généralement basées sur des infos passe-partout. Bien évidemment, cette liste n’est pas exhaustive et ne contient pas la totalité des espèces de Geosesarmas disponibles dans le commerce.

Attention également aux espèces confondues et appelées avec le même nom commercial. Des crabes qui se ressemblent ne sont pas forcément de la même espèce et vous aurez des problèmes de combats entre mâles d’espèces différentes. N’oubliez pas que les Geosesarmas sont très territoriaux et qu’un combat peut se solder par la mort d’un des deux adversaires. Les possibilités de confusion sont notées pour chaque espèce présentée ici et ça ne vaut que pour les espèces dûment décrites et non pour les espèces « sp ».

Les infos de maintenance pour les espèces décrites avec taxon reconnu ont été vérifiées et validées par des éleveurs. Pour les « sp », les infos proviennent des sites vendeurs et ne sont pas forcément les bonnes, les données douteuses seront suivies d’un point d’interrogation dans le tableau de maintenance de chaque espèce. A vous de vous renseigner plus avant sur l’espèce que vous souhaitez maintenir. Les données fournies dans le tableau de maintenance de chaque espèce sont des valeurs « recommandées » pour une maintenance basée sur le bien-être de vos futurs pensionnaires. En ce qui concerne l’info sur la cohabitation, elle porte sur la possibilité de mettre des crevettes ou de petits poissons mais en aucun cas sur une autre espèce de crabe. Chaque espèce devant être maintenue de manière spécifique afin d’éviter les combats entre mâles ou l’hybridation entre deux espèces différentes.

Pour finir, renseignez-vous sur la provenance des animaux que vous souhaitez acquérir. Beaucoup de Geosesarma « sp » sont prélevés de façon sauvage dans leur habitat et fournis directement aux commerciaux. Certaines espèces prélevées intensément et sans discernement auront probablement disparu avant même que les scientifiques ne puissent les décrire. Dans la mesure où la reproduction en captivité est maîtrisée, n’achetez que des crabes issus d’élevage. Bref, si c’est sauvage, abstenez-vous !

En fin d’article, vous trouverez un petit laïus sur l’hybridation des Geosesarmas.

LES GEOSESARMAS AVEC TAXON OFFICIEL

GEOSESARMA DENNERLE (Ng, Schubart & Lukhaup, 2015)

Crabe vampire violet, crabe vampire à dos jaune

Il est originaire de l’île de Java en Indonésie et vit dans les forêts, entre les rochers, dans une végétation dense à proximité de petits ruisseaux. Le climat est caractérisé par une hygrométrie très importante.

Bien que son statut n’ait pas encore été évalué, on considère qu’il est ou sera très bientôt en danger. Les prélèvements sauvages pour l’exportation et l’incroyable engouement pour ce beau petit crabe ayant très fortement impacté ses populations.

De petite taille, de 1.5 à 2.5 cm (LS) pour les mâles et de 1 à 2 cm pour les femelles, il a une espérance de vie de 2 à 3 ans. La moitié antérieure de la carapace et les pattes sont d’un beau violet, la moitié postérieure étant blanc jaunâtre à crème, ce qui rend son identification particulièrement aisée. Les pinces des mâles sont une demie fois plus grandes et plus brillantes que celles des femelles.

Côté alimentation, il est principalement insectivore, omnivore et détritivore et consomme à peu près tout ce qui peut l’être. A l’état sauvage, l’espèce se nourrit d’insectes terrestres : sauterelles, grillons, vivants ou morts, vers, cloportes ainsi que des détritus végétaux. En aquaterrarium, il acceptera toutes les nourritures et vous pourrez lui offrir insectes vivants, cloportes et toutes sortes de petites bêtes que l’on trouve dans les mousses et le bois mort.

Pour sa maintenance, en aquaterrarium ou en paludarium, la surface devra être importante et comporter une grande zone terrestre (80 %) au sol meuble composé d’un mélange terre/sable/gravier pour leur permettre de creuser leur terrier. Le bac, quel qu’il soit, devra comporter de nombreuses cachettes pour leur permettre de se dissimuler durant les mues, moment délicat où ils seront très vulnérables. Cette zone terrestre devra être très plantée et comporter pierres, écorces, racines et branches ainsi que des barrières visuelles ou physiques afin que chacun puisse délimiter son territoire. G. Dennerle apprécie tout type de plantes, bois et pierre et un couvert de mousses terrestres et aquatiques. L’hygrométrie sera de 75 %. Le bac devra impérativement être couvert car ce crabe est un excellent grimpeur.

Les 20 % consacrés à la zone aquatique devront avoir une hauteur d’eau de 10 à 15 cm, amplement suffisante pour qu’il puisse s’immerger totalement lors des mues et de la reproduction. G. Dennerle ne peut pas rester longtemps sous l’eau sous peine de se noyer, il faut veiller à ce qu’il puisse y accéder et en sortir facilement. Le mieux est de créer une cascade ou un ruisseau se déversant dans un petit bassin en utilisant une pompe de relevage ce qui favorisera le maintien d’une hygrométrie élevée.

G. Dennerle sera maintenu en trio (1 M/2F) dans un bac d’au moins 40 L. Dans un bac de 60L, on pourra maintenir 2 trios car pour être territorial, il n’en est pas moins sociable. Le crabe vampire délimite un territoire qu’il n’hésitera pas à défendre contre toute intrusion mais il peut également s’en prendre à ses voisins dans la mesure où ils sont d’une taille inférieure ou égale à la sienne. Même si le bac est très grand, on ne le maintiendra pas avec d’autres espèces, y compris G. Hagen qu’il côtoie pourtant dans la nature, les frictions seront fréquentes entre mâles de chaque espèce et il y a un risque certain d’hybridation.

De nos jours, la reproduction de G. Dennerle en captivité est maîtrisée et il est de plus en plus aisé de trouver des sujets issus d’élevage. L’espèce étant très durement touchée dans son milieu d’origine par des prélèvements sauvages à fin de commercialisation, pensez à vous renseigner sur la provenance des crabes que vous envisagez d’acheter et n’achetez que des crabes issus d’élevages ! Les autochtones signalent déjà que l’espèce s’est gravement raréfiée et on estime une chute de sa population de 90 % ! De plus, le taux de mortalité des individus sauvages est largement supérieur à celui des sujets d’élevage.

Les femelles sont fécondables après leur mue et l’accouplement n’est précédé d’aucune cour, le mâle se contentant de saisir la femelle et de la retourner pour la féconder. Cette dernière portera de 20 à 80 œufs qui écloront au bout d’un mois, parfaites miniatures des adultes et mesurant de 1 à 2 mm de long. La femelle les portera sur son abdomen pendant plusieurs semaines. La fréquence de ponte est de 6 mois.

Une fois indépendants, il est préférable de séparer les jeunes de leurs parents faute de cannibalisme et de leur fournir un habitat particulièrement riche en cachettes diverses, les juvéniles les plus gros mangeant les plus petits. Un tri par taille peut s’avérer nécessaire. A leur arrivée chez vous, vos nouveaux pensionnaires peuvent se faire très discrets pendant plusieurs semaines.

GEOSESARMA HAGEN (Ng, Schubart & Lukhaup, 2015)

Geosesarma Red Devil, Diable rouge

Toutes les informations données pour G. Dennerle sont applicables à G. Hagen pour une simple raison : ils vivent au même endroit et se côtoient dans leur milieu naturel. Seules leurs couleurs diffèrent.

Il existe des variétés en matière de coloration pour cette espèce mais des analyses ADN ont prouvé qu’il s’agissait bien de G. Hagen.

Variété 1 : Carapace brun foncé à noir sur la face inférieure et orangé à rouge sur la face supérieure, pattes ambulatoires brun foncé à noir, parfois violettes, pinces orange vif à rouge vif, yeux jaunes à jaune blanc.

Variété 2 : Carapace orange à rouge, pattes ambulatoires brun foncé à noir, parfois violettes, pinces orange vif à rouge vif, yeux jaunes à jaune blanc.

Variété 3 : Carapace brun foncé à noir sur la face inférieure et à motif marbré rouge/orange/brun sur la face supérieure, pattes ambulatoires marbrées brun/crème, pinces orange vif à rouge vif, yeux jaunes à jaune blanc, certains sujets d’élevage ont les yeux blancs.

GEOSESARMA KRATHING (Ng & Naiyanetr, 1992)

Geosesarma à tête mandarine

Ce tout petit crabe est originaire de Thaïlande, de la région de Krathing dont il porte le nom. Les autochtones les appellent « crabes grimpeurs » en raison de leur faculté à grimper sur les buissons et dans les arbres. Les membres des expéditions en ont compté jusqu’à 7 au mètre carré. Nocturnes, ils sont actifs la nuit, en hauteur, sur les feuilles des arbres ou les branches. La journée, ils se cachent sous des morceaux de bois, des branches et des feuilles sèches sur le sol.

Mâles et femelles font la même taille et certaines femelles peuvent être plus grandes de quelques millimètres que les mâles.

L’avant de la carapace et les pinces sont orange vif à rouge, le reste du corps est brun, les yeux sont jaunes ou jaune vert, parfois mouchetés de noir. Il ressemble beaucoup à G. Faustum et il est possible qu’il y ait des confusions entre les deux espèces.

L’espèce est détritivore et omnivore et une étude biologique sur leur alimentation a donné le résultat suivant : 77 % de sol/substrat, 13 % de bois, 6 % de feuilles, 3 % de racines et 1 % d’insectes et de fleurs.

Bien qu’il puisse être maintenu dans un volume de 20L, 50L sont préférables car peu territoriaux, ils apprécient la compagnie de leurs congénères : plus ils sont nombreux, plus ils sont actifs ! Un terrarium de 60 cm de haut serait même le meilleur compromis car cette espèce a besoin de hauteur mais n’a pas besoin d’un gros volume d’eau. Un simple bol d’eau peut tout à fait faire l’affaire si G. Krathing peut s’y immerger totalement. Bien sûr, les crabes devront pouvoir y accéder et en sortir facilement car ils pourraient s’y noyer le cas échéant. L’eau devra rester propre mais avec ce type de contenant, il sera aisé de la changer. La plupart des eaux de conduite conviendront pourvu qu’elles ne contiennent ni chlore ni chloramine.

Le sol sera composé d’un mélange tourbe/terre/sable pour que les crabes puissent grignoter et creuser. Cette espèce n’est pas fouisseuse à proprement parler, préférant grimper dans les hauteurs en cas de fuite plutôt que se cacher. La fibre de coco, mélangée au substrat, est une bonne solution pour garder le sol meuble et humide. Des feuilles et des écorces au sol ainsi que quelques plantes compléteront le décor. L’hygrométrie devra être de 75 % minimum.

Si vous préférez une plantation plus dense, pas de souci, ces crabes se satisferont de n’importe quelles plantes et n’y toucheront pas, en bénéficiant même car ils consommeront bactéries et micro-organismes. Ils apprécieront également tout type de feuilles, roches, bois et cachettes artificielles qu’on leur fournira.

Différents aliments devront leur être proposés pour s’assurer qu’ils aient tous les nutriments dont ils ont besoin. On leur fournira donc des aliments carnés 1 ou 2 fois par semaine (vers, insectes, moules, nourriture pour crevettes ou poissons, sèche ou congelée), ce à quoi on ajoutera des légumes feuilles blanchis (épinards par ex.) et des légumes également blanchis (pois, courgettes par ex.), des feuilles de chêne et de hêtre qu’ils mangeront quand elles se décomposeront. Laissez également les mues qui contiennent beaucoup de minéraux.

Côté reproduction, c’est assez simple : si la femelle est intéressée, elle permet au mâle de l’approcher et de la retourner sur le dos pour la fertiliser. Les œufs fécondés sont brunâtres et seront gardés sous le pléon pendant environ 2 mois. Comme chez G. Dennerle et G. Hagen, le cannibalisme est à l’ordre du jour et il sera préférable de retirer les juvéniles si vous souhaitez les garder. Il faudra ensuite trier petits et gros juvéniles pour la même raison. Une couvée moyenne compte une cinquantaine d’œufs.

Attention ! Les œufs ne sont pas fixés sous le pléon mais seulement maintenus, il faut éviter de manipuler les femelles ovigères car elles risquent d’en perdre beaucoup.

GEOSESARMA LARSI (Ng & Grinang, 2018)

J’ai intégré cette espèce à la liste des Geosesarmas disponibles dans le commerce parce que j’ai trouvé un site étranger qui en propose sous l’appellation « crabe marron de Lars » avec des informations passe-partout concernant sa maintenance. Les photos proposées par ce site démontrent clairement que les crabes proposés ne sont pas des Geosesarma Larsi et ne présentent aucune des caractéristiques de ce dernier à commencer par ses couleurs qui sont uniques dans le genre Geosesarma. En revanche, un autre site, indonésien celui-là, en propose un dont les couleurs semblent bien être celles de G. Larsi (photo) mais ne dit rien sur sa maintenance et ses besoins.

G. Larsi vient de l’ouest du Sarawak à Bornéo (Indonésie) et est très différent des autres espèces de Geosesarma originaires du Sarawak, tant par ses couleurs, que par la structure de sa carapace ou la forme de ses gonopodes.

La moitié antérieure de la carapace, les merus des pattes ambulatoires, le merus, le carpe et la paume des pinces sont violets à rouge foncé, la moitié postérieure de la carapace est rose à blanc rougeâtre. Les pattes ambulatoires sont orange à rouge, les doigts des pinces sont rouge violacé pâle à rose. Les yeux sont jaune rougeâtre.

On sait qu’il vit sur les pentes montagneuses ombragées, à environ 600 m d’altitude. Il est nocturne et il a été vu se nourrissant au sol parmi les pieds de fougères. Il en a également été trouvé à l’intérieur des fougères, dans la base remplie d’eau de ces dernières.

Les femelles portent de gros œufs de couleur rouge orangé à rouge.

Dans la mesure où on ne sait que très peu de choses sur son mode de vie, son comportement ou son alimentation, je ne me suis pas hasardée à insérer un tableau de maintenance qui n’aurait aucun sens.

GEOSESARMA NIGRIPES (Ng & Wowor, 2024)

Dos doré, Arc-en-ciel, Rainbow, Rouxi, Riani

Il vient de l’île de Java en Indonésie. L’espèce est nommée d’après ses pattes ambulatoires noires : du latin nigra- : noir et -pes : pattes.

Comme pour G. Riani et G. Rouxi, G. Nigripes peut être confondu avec les deux autres et est vendu avec les mêmes appellations commerciales.

Sa carapace est orange sur le tiers antérieur et gris bleu clair sur les 2/3 postérieurs, le ventre est brun foncé à noir. Les pattes ambulatoires sont violet foncé à noir, les pinces sont orange et ses yeux sont orange à jaune iridescents. Le dos peut être entièrement jaune chez les plus grands sujets.

C’est une espèce de plaine que l’on trouve en forêt tropicale sur un sol rocheux proche des cours d’eau. Timide, il passe la journée dans un terrier volé durant les heures les plus claires et aime sortir au crépuscule.

On lui fournira un aquaterrarium avec 70 à 80 % de partie terrestre avec un sol composé de tourbe et de fibre de coco. Le sol sera parsemé de roches et on veillera à fournir beaucoup de cachettes en composant son décor car il est très agressif.

On peut le nourrir avec tous les aliments pour poissons fournis dans le commerce mais il apprécie particulièrement la chasse au vivant (isopodes, grillons, vers, collemboles, etc.).

Les femelles portent de gros œufs d’un diamètre de 1.5 à 1.8 mm.

GEOSESARMA NODULIFERUM (De Man, 1892)

Geosesarma Bogorensis, Diable bleu, Dennerle bleu, Ultra purple arms, crabe vampire violet

C’est l’une des toutes premières espèces à avoir été commercialisée et on la trouve fréquemment en vente sur divers sites, le plus souvent sous l’appellation commerciale Geosesarma Bogorensis.

La moitié antérieure de sa carapace est brun violacé à noir violacé et la moitié postérieure est bleu indigo à bleu foncé mêlé de violet, les ambulatoires sont brun foncé à noir violacé à presque noir. Les griffes sont violettes à pourpres, les yeux sont jaunes à jaune blanc.

Il est originaire de la région de Bogor (Java Ouest, Indonésie) et vit principalement au sol à proximité des cours d’eau . Il est souvent observé dans les rizières, les plantations de thé, les parcs et à proximité des habitations. Il creuse des terriers et c’est un excellent grimpeur que l’on peut voir sur les racines, les rochers ou la végétation.

Il est plus sociable que la grande majorité des Geosesarmas et peut vivre en groupe stable s’il y a suffisamment d’espace et de cachettes. Il peut y avoir des frictions entre mâles mais elles restent modérées.

Son régime alimentaire comprend des insectes et leurs larves, des petits invertébrés, algues et biofilm, litière de feuilles et matière végétale, aliments commerciaux à base de crabe et d’invertébrés.

GEOSESARMA NOTOPHORUM (Ng & Tan, 1995)

Crabe mandarin blanc

Il vient de l’île Pulau Lingga (Sumatra, Indonésie)

La bonne appellation commerciale est « crabe mandarin blanc », le véritable crabe Mandarin étant G. Pontianak auquel il ressemble au point que les deux espèces sont très souvent confondues. Il peut être également confondu avec G. Ambawang.

Les trois espèces sont fréquemment mélangées sous l’appellation Crabe Mandarin. C’est un crabe de montagne qui vit à une altitude comprise entre 1000 et 1300 mètres sur les hauts plateaux.

Sa carapace est brun rouge sur sa face inférieure et d’un bleu délicat sur la face supérieure, les pattes ambulatoires sont rouge vif, et les pinces peuvent être blanches, jaune pâle ou orange clair. On retrouve donc des appellations commerciales aguicheuses comme « yellow arms » ou « white arms » mais il s’agit de la même espèce. Ses yeux sont vert clair ou jaunâtre mais généralement moins jaune vif que chez d’autres espèces de Geosesarmas.

Contrairement à beaucoup d’autres espèces de Geosesarmas, G. Notophorum ne va que rarement dans la partie aquatique de son habitat. La mue se fait sur la terre ferme et, excellent grimpeur, il préfère passer son temps dans les arbres. Il est considéré comme une espèce arboricole.

C’est un crabe très agressif qui nécessite deux à trois fois plus d’espace que les autres espèces pour limiter les combats entre mâles. Plutôt qu’un paludarium ou un aquaterrarium, on préférera un terrarium haut (80 cm) avec de petits bassins pour lui permettre de garder ses branchies humides. Un espace insuffisant entraînera des combats violents pouvant se solder par la mort d’un des antagonistes.

Pour éviter ces combats, on peut utiliser un certain nombre d’astuces à commencer par éviter les points où les crabes risquent de se rassembler. Répartissez les cachettes, les points d’eau et les zones d’escalade pour les maintenir en mouvement et séparés. Créez 2 bassins à l’opposé l’un de l’autre. Intégrez des broméliacées comme des Neoregelias (épiphytes) qui conservent une réserve d’eau dans leurs feuilles, permettent l’hydratation et rendent leur environnement plus sécurisant. Répartissez la nourriture en divers points du terrarium pour minimiser la compétition alimentaire.

G. Notophorum est omnivore et il accepte une grande variété de nourritures différentes. C’est un bon chasseur qui apprécie tout particulièrement les proies vivantes comme des isopodes, grillons, collemboles, drosophiles et vers. Plus l’alimentation vivante est variée et mieux c’est.

La reproduction de G. Notophorum est semblable à celle des autres Geosesarmas à ceci près que les femelles passent moins de temps cachées dans des terriers et qu’elles ont l’habitude de porter leurs petits… sur leur dos. Ce phénomène atypique semblait être un cas unique parmi le genre mais de récentes études ont démontré que ce n’est pas la seule espèce de Geosesarma à pratiquer cela, plusieurs autres faisant de même.

On estime qu’il faut de 95 à 100 jours entre l’accouplement et l’autonomie des juvéniles.

G. Notophorum est considéré comme l’une des espèces les plus fragiles avec un taux de mortalité très élevé durant le transport et jusqu’à 95 % dans les 4 à 6 semaines suivant l’expédition. Cette espèce est déconseillée aux débutants.

GEOSESARMA PENANGENSE (Tweedie, 1940)

Borneo Red, Rouge de Bornéo

Bien que l’appellation Rouge de Bornéo lui soit attribuée, il ne provient pas d’Indonésie mais de l’île Pulau Pinang en Malaisie.

C’est un crabe de montagne qui affectionne les sols forestiers et la litière de feuilles où il trouve son péché mignon : les escargots !

Sa carapace est pour moitié brun foncé et pour moitié bordeaux foncé, la face ventrale est rouge brun, les pattes ambulatoires sont brunes, les pinces sont rouge vif et les yeux sont brun noir.

Il sera plutôt maintenu en terrarium avec de petits points d’eau lui permettant de s’immerger complètement. Le sol sera composé d’humus et de sol forestier pour terrarium et de fibre de coco pour pouvoir creuser. Les cachettes devront être nombreuses et la végétation dense.

Les bébés préfèrent creuser leur propre terrier près de la ligne d’eau plutôt que de s’installer dans les failles des roches et des racines, au contraire des autres espèces qui filent se faufiler dans le moindre interstice pour se planquer.

C’est une espèce calme qui reste bien plus cachée que la plupart des autres Geosesarmas. Si vous recherchez une espèce active, ce n’est pas le bon candidat !

GEOSESARMA PONTIANAK (Ng, 2015)

Crabe vampire Mandarin, crabe mandarine

Originaire de Bornéo, il est très semblable à G. Notophorum et G. Ambawang en termes de couleurs et il est possiblement mélangé à ces deux espèces dans le commerce.

Sa carapace est bleu gris sur le dos et principalement rouge sur la face inférieure, les pattes ambulatoires sont rouge vif, les pinces orange vif et les yeux sont vert clair ou jaunâtre.

Les grandes femelles sont parfois impossibles à distinguer des mâles car leurs pinces sont de taille presque identique. Le sexage se fera donc en observant leur face ventrale.

Comme G. Notophorum, G. Pontianak n’utilise que peu l’eau, préfère passer son temps dans les hauteurs. Il sera donc maintenu en terrarium vertical exactement comme G. Notophorum et avec les mêmes adaptations car lui aussi se montre plutôt agressif. Comme lui, il est crépusculaire et nocturne mais on peut l’observer actif dans la journée.

La mue se fait généralement à terre mais il existe des cas observés où elle se fait dans l’eau ou juste au bord d’un point d’eau.

Son régime alimentaire est le même que G. Notophorum.

GEOSESARMA RIANI (Ng & Wowor, 2024)

Dos doré, C.V. Arc-en-ciel, Rainbow, Rouxi, G. cf Rouxi

Il vient des environs de Banjar (Java Ouest, Indonésie) et vit sur les sols forestiers, dans les zones pierreuses et rocheuses en plaine. C’est une espèce crépusculaire qui se cache dans un terrier dans la journée.

G. Riani ressemble énormément à G. Rouxi au point qu’il est assez difficile pour les novices de les différencier mais également à G. Nigripes. Avant d’être officiellement identifiés et décrits, G. Riani et G. Nigripes pouvaient être mélangés et vendus ensemble. Compte tenu de leur territorialité et de leur agressivité naturelle, les propriétaires rencontraient de nombreux problèmes de combats entre mâles des deux espèces se soldant souvent par la mort d’un des deux antagonistes. On le redit ici, G. Nigripes a les pattes noires et non rouges.

La carapace de G. Riani est jaune orangé sur le 1/3 antérieur et bleu grisâtre sur les 2/3 postérieurs, la face ventrale est rouge bordeaux à bordeaux clair. Les pattes ambulatoires sont rouge brun à bordeaux clair, les pinces sont orange et les yeux sont jaunes.

Autant dire que côté maintenance, on ne sait pas trop de quoi il retourne. Les conditions proposées sont le plus souvent des extrapolations basées sur celles de G. Rouxi et sont liées à leur apparence et leur lieu de provenance.

GEOSESARMA ROUXI (Sérène, 1968)

Crabe vampire arc-en-ciel, Rainbow, Golden Top, Blue Carnaval, Riani, Nigripes

Il vient de Batu Malang, à l’est de l’île de Java (Indonésie). C’est une espèce de montagne timide et nocturne qui vit en forêt tropicale près des cours d’eau.

Sa carapace est jaune doré sur le tiers antérieur et bleu gris clair sur les 2/3 postérieurs, la face ventrale est brun foncé à noir. Les pattes ambulatoires sont violettes à rouges, les pinces sont orange et les yeux sont jaunes.

S’il a sûrement été présent dans le commerce entre 2006 et 2015, ce n’est probablement plus le cas aujourd’hui et ce sont plus certainement des G. Riani et G. Nigripes que les sites proposent comme étant des G. Rouxi ou des variantes de ce dernier alors que les trois sont des espèces bien distinctes, reconnues et décrites scientifiquement.

Un bac de 80 L comportant une zone terrestre minimale de 70 à 80 % conviendra pour 6 individus à raison de 2 mâles et 4 femelles. Ces crabes creusant des terriers, le sol sera composé de tourbe, fibre de coco, sol forestier et écorces. Comme toujours, on créera des barrières physiques et visuelles avec des roches, des branches ou racines et une végétation dense.

G. Rouxi est omnivore et détritivore mais apprécie la chasse aux proies vivantes, on lui fournira donc des grillons, isopodes et sauterelles, ainsi que des vers de terre et de sang, des légumes blanchis et des feuilles (chêne, hêtre, catappa).

Il semble que ce crabe se reproduise facilement, les œufs sont gros et il n’y a pas de stade larvaire pour les jeunes.

GEOSESARMA TIOMANICUM (Ng, 1986)

Crabe disco, Geosesarma sp « Rouge »

Il vient de l’île Pulau Tioman en Malaisie d’où provient son nom. C’est une île volcanique recouverte de jungle d’une superficie de 110 km².

Sa carapace est saumon orangé sur sa face supérieure et brune, noire ou violette sur sa face inférieure. Les pattes ambulatoires sont également saumon orangé, parfois gris foncé. Les pinces sont violettes et les yeux sont orange vif à rouge. C’est le plus grand des Geosesarmas. Il peut être confondu avec G. Albomita qui vient également de Pulau Tioman mais les deux espèces ne semblent pas cohabiter, chacune vivant sur sa propre montagne. Toutes les deux ont écopé de l’appellation commerciale « Disco », ce qui ajoute encore à la confusion entre les deux espèces. Elles seront maintenues de la même manière.

G. Tiomanicum vit généralement au sol, dans des terriers près des points d’eau mais c’est un habile grimpeur qui sait exploiter les hauteurs quand il cherche de la nourriture ou des partenaires. Pour se cacher, il préfère creuser des terriers.

En captivité, il lui faut un environnement chaud et humide avec une hygrométrie de 75 %. On lui fournira un aquaterrarium ou un paludarium spacieux avec de la hauteur et un décor complexe avec du dénivelé, des cachettes et des barrières visuelles et physiques car l’espèce fait partie des plus agressives entre mâles.

C’est une espèce crépusculaire à nocturne très timide mais les individus élevés en captivité se montrent en général moins craintifs et plus actifs de jour.

Côté alimentation, l’espèce est omnivore à tendance carnivore, affichant une nette préférence pour les proies vivantes, notamment isopodes et grillons. Elle pourra également être nourrie avec des aliments pour poissons, vers de terre, vers de farine et la plupart des aliments courants pour reptiles.

G. Tiomanicum se reproduit facilement et les femelles portent de gros œufs d’au moins 1 mm de diamètre. Il n’y a pas de stade larvaire, les jeunes sont pleinement développés à l’éclosion.

GEOSESARMA SABANUM (Ng, 1992)

Il est originaire de la région de Sabah à Bornéo (Indonésie), du site de Tawau Hills. C’est un crabe qui vit au sol en forêt tropicale, près des cours d’eau. Il n’est pas arboricole mais apprécie de grimper sur les arbustes et le fait souvent.

Sa carapace est brun clair à orange et le ventre est orange. Les pattes ambulatoires sont violettes à violet foncé, les pinces sont orange avec les doigts blancs. Les yeux sont noirs.

Il peut être confondu avec G. Danumense qui a le même patron de coloration et qui, lui aussi, aime visiter les arbustes.

G. Sabanum semble n’être que très rarement proposé sur le marché et je n’ai trouvé aucun site qui en vend. Je ne donne donc pas d’infos hasardeuses sur une éventuelle maintenance.

LES GEOSESARMAS « SP »

GEOSESARMA SP BANANE

G. sp Lemon, G. Citron, Yeux noirs Jaune, Soleil

Il est originaire de d’Indonésie (Java Central) et c’est un crabe qui vit au sol dans litière de feuilles dense en forêt tropicale, à proximité des ruisseaux et des cours d’eau. Il creuse des terriers et aime se cacher sous des abris naturels comme des roches, des racines ou des feuilles.

Sa carapace est jaune clair à jaune verdâtre, rappelant la couleur des bananes. Elle peut présenter des tâches irrégulières brun foncé à noir. Les pattes sont noires à noir violacé. Le ventre est brun foncé à noir, les pinces sont violettes et les yeux sont noirs.

C’est un excellent grimpeur, très agile, qui aime explorer les parois de son paludarium. De fait, on colmatera toutes les issues pour éviter les évasions.

On lui offrira un paludarium d’au minimum 50L avec 80 % de sol et 20 % d’eau avec une hauteur d’eau minimale de 10 cm afin qu’il puisse s’immerger totalement pour muer.

Les femelles creusent beaucoup plus que les mâles qui leur font subir un harcèlement persistant. Il faudra fournir de nombreuses cachettes et des barrières visuelles et physiques. Les oeufs pondus par les femelles sont gros et il n’y a pas de stade larvaire pour les jeunes qui naissent entièrement formés.

Pour l’alimentation, on fournira des matières végétales, litière de feuilles, algues, petits insectes et invertébrés et aliments commerciaux pour crabes.

Attention : L’appellation Crabe Banane ou Geosesarma Banane est également donnée au Terrathelphusa sp Banane pour lequel vous trouverez un paragraphe lui étant consacré dans le Chapitre III des Crabes d’ornement.

GEOSESARMA SP BORNEA PANDA

Crabe Panda

Cette appellation m’a bien fait rire ! Enfin bref, il/elle/iel provient de Bornéo… Les infos ci-après sont celles fournies par le site qui vend ce crabe sous cette appellation précise.

L’hétérochélie1 clairement visible sur la photo prouve que ce n’est pas un Geosesarma mais plutôt un Lepidothelphusa, probablement un L. Cognettii au regard de la coloration bleue de sa carapace.

De fait, je vous invite à consulter la fiche du Lepidothelphusa Cognettii dans le Chapitre III des Crabes d’ornement.

Attention : L’appellation « Crabe Panda » est attribuée au Lepidothelphusa Padawan et l’appellation Crabe Bornéo Panda est attribuée au Lepidothelphusa Cognettii , deux espèces qui font l’objet de paragraphes dédiés dans le Chapitre III des Crabes d’ornement.

GEOSESARMA SP CARNAVAL

Crabe vampire violet, Rouge du Carnaval, G. sp Red Carnaval, Œil orange, G. Aristocratensis

Cette appellation commerciale « Carnaval » est une poubelle ! D’un site à l’autre, l’espèce change, j’ai vu un Dennerle, un Hagen, un cf Bicolor et un non identifié. Il a même hérité d’un pseudo nom scientifique pour faire plus sérieux : Geosesarma Aristocratensis. De plus, ses autres appellations commerciales peuvent correspondre à G. sp Ronin et G. sp Griffe rouge, ces deux-là provenant du même endroit de Java Central.

Il serait originaire de Java en Indonésie. Il mesure de 1 à 1,5 cm (LS) et la taille pattes étendues doit tourner entre 4 et 5 cm (LT).

Néanmoins, il en ressort quand même une espèce à la carapace orange, des pinces blanches à un délicat violet pâle et des yeux orange. La face ventrale est brun violacé, les pattes ambulatoires sont violet pâle au niveau des merus puis deviennent orange.

On l’hébergera dans un paludarium de 50L pour 2 trios (1M/2F) dont 70 % de partie terrestre et 30 % de partie aquatique.

La nourriture sera composé de poissons séchés, crevettes séchées, nourriture pour poissons et pour tortues. Ce sont les seules informations fournies mais je pense qu’un apport végétal ne sera pas superflu.

Devant le peu de données disponibles, je ne mets pas de tableau de maintenance.

GEOSESARMA SP CHOCOMILK

Purple Jade

Très peu d’informations. On sait qu’il vient de Java en Indonésie, qu’on le trouve au sol près des cours d’eau, en forêt tropicale. Sa taille LS est de 1 à 1,5 cm.

Il doit son nom à la partie antérieure de sa carapace qui est couleur chocolat. La partie postérieure est blanc grisâtre à gris, la partie ventrale est pourpre, les pattes ambulatoires sont gris foncé à noir, les pinces sont violettes et les yeux sont jaune vif.

GEOSESARMA SP CREME

Crème Top, Faucon

Comme le précédent, peu d’informations pour cette espèce dite facile à maintenir. Il vit en forêt tropicale à Java en Indonésie et semble préférer la vie au sol.

La moitié antérieure de la carapace est noire et est crème sur la moitié postérieure mais elle peut être entièrement crème. Les pattes ambulatoires sont noires, les pinces sont blanches à blanc crème, les yeux sont jaunes.

GEOSESARMA SP DIABLE BLEU

Geosesarma Bogorensis, Geosesarma Noduliferum Blue Vampire, Purple Vampire, Geosesarma Dennerle Blue, Ultra Purple Arm

Il est originaire de Java en Indonésie et ressemble comme deux gouttes d’eau à G. Noduliferum. Malgré cela, il semble que ce soit bien deux espèces distinctes. On le trouve souvent en vente sous l’appellation G. Bogorensis.

La moitié postérieure de la carapace est bleu à bleu foncé, la moitié antérieure est violet à presque noir. Le ventre est brun foncé à noir, les pattes ambulatoires sont brun foncé à violet noir, voire noires, les pinces sont violettes et les yeux sont jaunes.

Il a un mode de vie terrestre et creuse des terriers où il se repose la journée. C’est un excellent grimpeur. Un aquaterrarium avec une zone terrestre de 70 à 80 % lui conviendra parfaitement avec un sol meuble pour qu’il puisse creuser.

GEOSESARMA SP FEU

G. sp Fire, Orange, Feu Rouxi, Vampire orange

Il est originaire de Java en Indonésie. C’est une espèce qui vit au sol en forêt tropicale, près des cours d’eau.

Sa carapace est orange marbré de brun, la surface ventrale est brun foncé, les pattes sont orange marbrées de rouge, les pinces sont rouges et les yeux sont jaune orangé.

Attention ! Il y a une possible confusion commerciale avec G. Hagen Fire (G. sp Red Carnaval) et G. Rouxi Fire (possiblement un G. Riani).

GEOSESARMA SP HALLOWEEN

Crabe vampire à pattes noires orange, Carnaval violet

Son origine est située sur l’île de Java en Indonésie. Bien que rendu officiel sur certains sites avec l’appellation Geosesarma Bicolor, espèce dûment décrite, ce n’en est clairement pas un et il ne correspond pas du tout à la description de cette espèce, ni par ses couleurs, ni par son habitat.

G. sp Halloween a une carapace orange, des pattes ambulatoires violettes à noires ou violettes largement tâchées d’orange, les pinces sont violettes et l’extrémité des doigts peut être orange, les yeux sont noirs.

Dans son habitat naturel, on le trouve dans la litière de feuilles des zones forestières, proches des ruisseaux, des rivières et des étangs.

On lui fera un aquaterrarium avec 70 à 80 % de zone terrestre avec un sol meuble pour qu’il puisse creuser un terrier. Bon grimpeur, toutes les sorties possibles seront colmatées pour éviter une évasion, domaine dans lequel il excelle.

Il est omnivore, détritivore et charognard et, en bon opportuniste, il est susceptible de s’attaquer aux autres occupants du bac.

Les femelles privilégient les terriers pour se cacher des mâles en quête d’accouplement et les femelles les plus grandes peuvent même tuer un mâle plus petit pour protéger leurs oeufs ou leurs petits. Paradoxalement, elles n’hésitent pas à pratiquer le cannibalisme sur leur progéniture.

Les accouplements sont forcés par les mâles qui blessent fréquemment les femelles, causant parfois leur mort.

Les femelles portent ensuite leurs oeufs pendant 45 à 60 jours et restent cachées dans leur terrier durant cette période. Les jeunes éclosent complètement formés et sont relâchés dans l’eau par leur mère. Ils sont alors menacés de prédation y compris par leurs parents mais aussi entre eux. Ils grandissent rapidement et muent fréquemment, restant près de l’eau durant 3 à 4 mois.

Vers 8 à 9 mois, ils commencent à afficher leurs couleurs d’adultes et à devenir territoriaux. A 12 mois, ils sont aptes à la reproduction.

Attention : L’appellation Halloween est également donnée au Gecarcinus Quadratus qui n’a rien à voir avec un Geosesarma et dont vous trouverez un paragraphe lui étant consacré dans le Chapitre III des Crabes d’ornement.

GEOSESARMA SP IRONFIST

G. sp Rusty, Crabe vampire rouillé, crabe vampire poing de fer

Son origine est plus que vague puisqu’on nous dit seulement : Asie du Sud-Est.

La moitié antérieure de sa carapace est rouge foncé à pourpre rougeâtre foncé, la moitié postérieure est orange vif. Les pattes ambulatoires sont pourpre rougeâtre à pourpre foncé, les pinces sont orange vif et les yeux sont orange clair.

Comme pour les autres Geosesarmas, on reproduira un environnement tropical avec un sol forestier composé de 10 bon cm de fibre de coco ou d’humus forestier pour terrarium.

Il est essentiellement carnivore et on ne le fera pas cohabiter avec des crevettes ou des poissons.

GEOSESARMA SP LAVE

G. sp Lava, Spiderman

Il vient de Ciremai à Java Ouest (Indonésie). C’est une espèce de montagne qui creuse des terriers et que l’on trouve près des cours d’eau en forêt tropicale. A l’origine, l’espèce vivait sur les flancs du volcan à proximité.

C’est tout ce que l’on en sait pour l’instant.

GEOSESARMA SP MARBRE

Bras rouge, Chocolat

Originaire de Java en Indonésie et pas d’autre info.

GEOSESARMA SP OEIL DU DIABLE

Dark Red Yellow Eye, Maroon

Comme le précédent, il vient de Java en Indonésie et il vit au sol, en forêt tropicale, près des cours d’eau.

La carapace est brun foncé à brun rouge, les pattes ambulatoires sont bordeaux à bordeaux foncé, les pinces sont bordeaux foncé et les yeux sont jaunes.

GEOSESARMA SP OEIL JAUNE

Diable bleu, Bras blanc, Diamant bleu, Œil d’or

Lui aussi provient de Java et c’est le portrait craché du G. sp Diable bleu déjà mentionné sauf que ses pinces sont blanches.

Sa carapace et ses pattes ambulatoires sont violettes à bleuâtres, les pinces sont blanches et ses yeux sont jaunes.

Pour son bac, on composera une litière de feuilles, fibre de coco et humus de terrarium sur une bonne épaisseur. C’est un excellent grimpeur et, de fait, toutes les sorties seront colmatées. Plus terrestre qu’aquatique, une surface de 80 % de zone terrestre sera agencée pour éviter les frictions entre mâles avec bois, roche et végétation dense. La zone aquatique n’excédera pas 10 cm de profondeur et il sera facile d’y accéder ou d’en sortir.

Cette espèce est essentiellement carnivore et on privilégiera les proies vivantes : isopodes, collemboles, grillons, sauterelles, vers et larves divers, un peu de légumes blanchis, nourriture pour crabes carnivores.

La reproduction est jugée facile et les jeunes n’ont pas de stade larvaire.

GEOSESARMA SP ORCHID

Diable bleu, Spectre, Fantôme bleu, Bleu Indigo, Diamant violet

Provenance : Java, Indonésie. Ce petit bijou sort tout à fait de l’ordinaire et commence à être très prisé des amateurs par son apparence qui rappelle irrésistiblement une fleur d’orchidée et qui lui vaut son nom.

Le tiers antérieur de sa carapace est brun foncé à noir et les 2/3 postérieurs sont bleu clair, le ventre est brun foncé à noir. Les pattes ambulatoires sont blanc bleuté à bleu pâle avec un liséré violet aux articulations mais peuvent également crèmes, les pinces sont violettes et les yeux sont jaunes.

Cette espèce est plus à l’aise dans les hauteurs et un terrarium haut lui conviendra mieux qu’un aquaterrarium. Néanmoins, elle est polyvalente et peut également vivre au sol dans des terriers.

Facile à nourrir, elle apprécie particulièrement la chasse au vivant, on lui offrira donc des proies comme des grillons, sauterelles, isopodes, vers, etc. La nourriture commerciale pour poissons lui convient très bien.

La reproduction est dite facile, pas de stade larvaire pour les jeunes.

GEOSESARMA SP PITAYA

Lavande, Violette

Comme la plupart des crabes « sp », il provient de Java en Indonésie et c’est un crabe qui vit au sol en forêt tropicale près des cours d’eau (on dirait un vilain refrain…)

Pas de surprise côté couleurs, il est intégralement violet avec des yeux noirs.

On le maintiendra dans un aquaterrarium ou paludarium avec un substrat composé de tourbe, fibre de coco et de sphaigne, le tout recouvert de feuilles mortes. La partie aquatique aura un niveau d’eau de 5 à 10 cm maximum.

Je n’ai pas trouvé d’infos concernant son alimentation mais on peut aisément supposer qu’il est omnivore et détritivore comme la plupart des Geosesarmas.

Côté reproduction, elle serait possible en captivité mais très compliquée car c’est une espèce à petits oeufs et les larves doivent passer par plusieurs stades larvaires en eau douce. Elles ne viennent sur terre qu’une fois métamorphosées. Peu d’éleveurs arrivent à maintenir et faire grandir leurs jeunes car leurs besoins précis sont encore mal connus.

GEOSESARMA SP PURPLE HAZE

Buricak, Gris graphite

Il provient de Bukit Dewa Kebumen à Java Central en Indonésie. C’est un hôte des forêts tropicales où il vit au sol près des points d’eau. Ses pattes, plus longues que la moyenne, laissent suggérer que c’est un grimpeur et qu’il mue probablement à terre.

Sa carapace est bleu gris, le ventre est gris, les pattes ambulatoires sont violettes, les pinces sont blanc bleuté à gris bleu clair et les yeux sont jaunes.

Le sol de son terrarium sera composé de 10 cm minimum de fibre de coco ou d’humus pour terrarium, la partie aquatique sera de 10 cm maximum.

Il est omnivore à tendance carnivore et on lui fournira des insectes, vivants ou morts, séchés ou congelés. Il consommera également les déchets des plantes, des légumes blanchis et de la nourriture pour crabe carnivore.

Les petits naissent déjà formés, sans stade larvaire.

GEOSESARMA SP RED NODULIFERUM

Crabe vampire à bras rouges, crabe vampire de Lecaude, crabe à pinces orange diamant bleu

Il serait originaire de Yogyakarta (Java Central, Indonésie) comme G. sp Griffe rouge et G. sp Ronin. Les appellations commerciales sont identiques pour les trois espèces. De là à penser que c’est la même espèce, y’a pas des kilomètres.

Il préfère les sols forestiers avec une litière de feuilles dense, près des points d’eau et des ruisseaux.

Sa maintenance est la même que G. sp Ronin.

GEOSESARMA SP RONIN

G. sp à Griffe rouge, Crabe vampire à pattes rouges, Crabe vampire de Lecaude, Crabe à pinces rouges diamant bleu, Crabe de carnaval bicolore

Origine : Yogyakarta, Java, Indonésie

Le tiers antérieur de la carapace est rouge foncé et les 2/3 postérieurs sont bleus, le ventre est rouge à noir, les pattes ambulatoires sont gris bleu foncé à presque noir, les pinces sont rouge orangé à rouges et les yeux sont jaunes.

On le trouve dans les sous-bois de forêts tropicales près des points et des cours d’eau. Il préfère un mode de vie terrestre, creuse des terriers et se cache dans la litière de feuilles.

On reproduira son habitat avec un substrat en fibre de coco, mousse et morceaux d’écorce de 10 bons centimètres d’épaisseur, recouvert de litière de feuilles.

C’est un omnivore à tendance carnivore et dans son habitat naturel, il se nourrit d’insectes, de vers et de détritus organiques. En captivité, ce sera des granulés pour crabes, grillons et sauterelles vivants ou morts, vers, drosophiles, gammares ainsi que des feuilles mortes, des légumes en petites quantités (concombre, courgette) et fruit (banane). On pourra y ajouter un os de seiche.

S’il est possible de maintenir des escargots dans la partie aquatique de son paludarium, on n’y mettra ni crevette ni poisson car ils seront considérés comme des proies.

La reproduction est possible et assez facile. Les jeunes n’ont pas de stade larvaire.

Les crabes peuvent communiquer entre eux par de petits tapotements.

GEOSESARMA SP TOMATE et GEOSESARMA SP RED RUBY

Tomate, Rouge Rubis, Rouge Sang

Il est impossible de savoir si l’une ou l’autre de ces espèces a déjà été reconnue ou si ce sont des variantes d’espèces décrites, voire la même espèce. Les données fournies sont des infos passe-partout et même leur provenance est sujette à caution. Je me suis donc abstenue d’aggraver la situation en donnant des informations non vérifiables et surtout, non applicables en ce qui concerne leur maintenance.

GEOSESARMA SP VOLCAN

Volcano, Disco, Daredevil

Il provient de Serang (Java, Indonésie) et c’est une espèce très récente sur le marché où elle reste encore très rare. Il est possible que ce soit un hybride.

On sait peu de choses sur son mode de vie mais il semble préférer passer la majeure partie de son temps au bord de l’eau, sur le rivage. La nuit, il sort explorer son environnement.

La carapace est bordeaux sur les 2/3 antérieurs et orange clair sur le 1/3 postérieur, la surface ventrale est brun foncé à noir, les pattes ambulatoires sont bicolores orange et violet à bordeaux. Les pinces sont bordeaux à pourpre avec les pointes orange mais peuvent également être presque noires. Les yeux sont jaunes.

Son alimentation semble être la même que la plupart des autres Geosesarmas et les insectes vivants restent un plus apprécié pour une bonne maintenance.

GEOSESARMA SP VIOLET TRICOLORE

Tricolore, Bicolore, Oeil Noir, Carnaval, Dennerli

Estampillé javanais, il est récemment arrivé sur le marché et reste très rare.

La moitié antérieure de la carapace est lie-de-vin à presque noir et la moitié postérieure est divisée en 3 parties, blanc jaune à jaunâtre de chaque côté et bordeaux à presque noir au centre. Les pattes ambulatoires sont violet à violet foncé et les pinces sont violet clair. Les yeux sont noirs.

Il semble qu’il existe une variante où le violet est remplacé par du gris.

Par manque de données, il n’y a pas d’informations sur sa maintenance à l’heure actuelle.

L’HYBRIDATION DES GEOSESARMAS

Bien que rare à l’état sauvage en raison des barrières géographiques et comportementales, l’hybridation a été observée en captivité quand certaines espèces ont été maintenues ensemble. La cause en est probablement les méthodes de collecte et de transport où les espèces sont mélangées dans les mêmes contenants pendant de longues périodes. Les mâles s’accouplent alors avec les femelles disponibles, qu’elles soient de leur espèce ou non.

Une fois en captivité, ces dernières libèrent leur progéniture : des hybrides involontaires !

Les hybrides, s’ils ressemblent morphologiquement à leurs parents, ont souvent des couleurs atténuées et délavées. Une dame a gardé 1 mâle G. Hagen et 3 femelles G. Dennerle pendant 6 mois avant de s’en séparer et de les confier à un éleveur. Ce dernier a élevé les jeunes hybrides qui ont reçu l’appellation Geosesarma sp « Dengen ». Ils ont le dos orangé au lieu de jaune et leurs pinces présentent un mélange détonant de rouge et de violet. Leurs yeux sont blancs ou blanc jaune, rarement jaunes. Pour des raisons éthiques, ces hybrides ne seront jamais proposés à la vente.

Le comportement des hybrides peut également différer de celui de leurs parents. Certains hybrides peuvent hériter de l’agressivité de l’une de leurs espèces parentales qui les rend plus enclins aux combats ou, à l’inverse, présenter une agressivité réduite due à une incompatibilité génétique qui les rend moins dominants.

Pour les accouplements, dans la mesure où chaque espèce de Geosesarma a son rituel de parade nuptiale, les hybrides peuvent avoir des difficultés à s’accoupler avec succès avec des espèces pures ou même avec d’autres hybrides.

Les hybrides sont-ils fertiles ?

D’après les observations, la réponse est oui… et non ! Certains hybrides parviennent à se reproduire lorsqu’ils sont croisés avec l’une des espèces parentales d’origine, alors que d’autres non. Ce phénomène suggère que la compatibilité génétique n’est pas absolue et que certains croisements aboutissent à des lignées stériles.

Chez les hybrides G. sp Dengen, les sujets se reproduisent sans difficultés mais seule une observation sur plusieurs générations pourra déterminer si cette hybridation apporte des problèmes majeurs tels qu’une fragilité génétique ou une espérance de vie abrégée.

L’impact sur le commerce et la préservation ?

Dans un commerce où les espèces sont déjà mal identifiées et mal documentées, les hybrides compliquent encore plus la situation. Les erreurs d’étiquetage sont plus que fréquentes (G. Tiomanicum/G. Albomita ou G. Rouxi/G. Riani/G. Nigripes, entre autres) et les hybrides accidentels peuvent être confondus avec des espèces nouvelles non encore décrites ou très rares.

Et c’est sans compter avec l’introduction, involontaire ou intentionnelle, d’hybrides dans les populations sauvages ce qui pourrait entraîner une pollution génétique et annihiler de longues périodes d’adaptation des espèces pures à un environnement sans cesse en cours d’évolution.

Il est primordial de maintenir, en captivité, la pureté génétique des espèces maintenues et de veiller à ne céder que des sujets clairement identifiés.

Bientôt des hybrides à prix d’or dans le commerce ?

Evidemment ! Ce sera le cas et nous serions bien naïfs de penser le contraire. Certains cherchent déjà à créer des variations de couleurs uniques et les feront payer très cher, comme cela a déjà été fait pour nombre d’espèces animales et cela continuera à se produire.

Le plus triste dans tout ça, c’est que les Geosesarmas d’espèces différentes s’entretuent avant même de pouvoir se reproduire. Combien devront mourir avant d’obtenir un crabe sur mesure ?

Sources : Decanet, Crabe Database, DORIS2, WORMS3, Indoor Ecosystem, VampireCrab, Zootaxa, Plazi, Research Gate, Semantic Scholar, Wikipédia, Wikipédia Commons, B-Aqua, Indonesian Land Crab, Leopard Aquatic Indonesia, Aquatic Motiv, Happyforest, Matériel Aquatique, Interaquaristik, Aquatic Arts, My home nature, Miami Herald, Green Chapter, iNaturalist

Photo d’accroche : Geosesarma Hagen – Photo : Riverpark Aquatics

  1. Une pince est plus grosse que l’autre. ↩︎
  2. Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la Faune et de la flore Subaquatiques ↩︎
  3. World Register of Marine Species ↩︎