Pathologies des poissons d'ornement

shanganagh-takhisis
shanganagh-takhisis il y a 4 mois

Diagnostiquer et savoir traiter les maladies des poissons sont des compétences perçues par les aquariophiles comme déterminantes dans la confiance qu’ils accordent aux vendeurs d’animaux de compagnie. Il est pourtant très difficile pour le vendeur de résoudre ces problèmes car :

  • Il doit établir un diagnostic sans voir l’animal !
  • Il doit proposer des solutions alors que beaucoup de maladies ne sont pas traitables avec les produits disponibles en animalerie.

Pour des raisons réglementaires, la délivrance de la majorité des produits médicamenteux (antibiotiques) relève de la responsabilité des vétérinaires. Cependant, la plupart des maladies des poissons trouve son origine dans une inadaptation au milieu et, dans ce cas précis, l’animalier a à sa disposition des produits de traitements de l’eau et des antiparasitaires qui permettent de lutter efficacement contre la majorité de ces maladies à condition de déterminer les facteurs responsables des pathologies. On distingue :

  • Les facteurs environnementaux (facteurs abiotiques) : température, qualité de l’eau, lumière…
  • Les facteurs vivants (facteurs biotiques) : nourriture, plantes, algues, parasites, bactéries et virus.

résumé des maladies en aquarium sur un poisson

Symptomatologie

C’est la première étape qui consiste en un questionnement minutieux et organisé de l’aquariophile sur les observations qu’il a pu réaliser sur les animaux d’une part et sur le milieu environnant d’autre part.

Examen du milieu environnant

Tous les éléments permettant de reconstituer l’historique de l’aquarium doivent être analysés :

  • Date de mise en eau
  • Equipement de l’aquarium : volume, filtration, aération, chauffage, éclairage...
  • Description du peuplement de l’aquarium
  • Date d’introduction des poissons
  • Qualité de l’eau (pH, GH, KH, couleur...)
  • Date d’apparition des premiers symptômes
  • Nombre de poissons atteints ou déjà morts
  • Traitements éventuels déjà réalisés
  • Régime alimentaire des poissons
  • Descriptif de l’entretien de l’aquarium : actions menées et périodicité...
  • Etc.

Cette première analyse permet d’orienter le diagnostic sur 3 cas de figure :

  • Tous les poissons souffrent simultanément et subitement : problème lié à la qualité de l’eau.
  • Les poissons sont atteints progressivement : probable maladie contagieuse qu’il faut identifier et imposant un traitement de l’ensemble du bac.
  • Seuls quelques poissons paraissent malades, sans signe évident de contagion : il faut les isoler et les traiter séparément en bac hôpital.

Examen clinique

L’observation minutieuse des poissons atteints ou, le plus souvent, un questionnement précis de l’aquariophile sur ses observations, permettront, en les confrontant à l’étude du milieu, d’orienter le diagnostic ver un des deux types d’infections :

  • Infections externes qui ont pour origine des parasites végétaux ou animaux : ce sont les plus couramment rencontrées en aquarium et aussi les plus faciles à diagnostiquer et à traiter
  • Infections internes qui ont pour origine une bactérie ou un virus : plus rares, plus difficiles à déceler et à traiter car elles nécessitent le recours à des produits non commercialisés en animalerie (antibiotiques...)

Il faut observer les animaux à la fois sur l’apparence des organes les plus touchés (peau, branchies, yeux…) ainsi que sur leur comportement alimentaire et natatoire et procéder par élimination d’hypothèse.

Examens complémentaires

Ils consistent en des analyses spécifiques pratiquées par des laboratoires spécialisés dans de très rares cas d’épidémies pouvant présenter des risques financiers importants (éleveurs, importateurs, détaillants…) ou des risques sanitaires (zoonose).

Maladies courantes

Les pathologies sont à classer en fonction de leur cause pour tenir compte de l’importance des facteurs du milieu dans le déclenchement de l’infection.

Maladies virales

Caractéristiques : Affections internes, rares, très contagieuses, très difficiles à soigner.

Solutions préventives : éviter leur apparition en renforçant les défenses immunitaires de l’organisme par une bonne alimentation et un bon contrôle des conditions d’ambiance.

Solutions curatives : traitement éventuel avec un antibiotique (sulfamides) pour les limiter les risques de surinfection bactérienne (recours au vétérinaire...), isolement obligatoire à cause des risques de contagion et, dans certains cas, euthanasie suivie d’une désinfection des locaux et des ustensiles suivie d’un vide sanitaire.

Exemple de maladie virale : Hydropisie (non contagieuse, caractérisée par une accumulation anormale de fluide séreux dans les tissus cellulaires ou dans une cavité corporelle. Plus simplement, c'est un gonflement des tissus mous dû à l'accumulation d'eau en excès.

Maladies bactériennes

Caractéristiques : Affections internes, rares, très contagieuses, très difficiles à soigner.

Solutions préventives : contrôler les conditions d’ambiance. Il est souhaitable d’utiliser un filtre UV en continu pour limiter la population d’agents pathogènes en dessous du seuil de déclenchement de la maladie.

Solutions curatives : traitement antibiotique généralisé à base de sulfamides qui devra être prescrit par un vétérinaire.

Exemple de maladies bactériennes : tuberculose, pourriture des nageoires et moisissure de la bouche.

Maladies parasitaires

Caractéristiques : Affections externes très couramment rencontrées chez les poissons provoquées par des moisissures et des champignons (mycoses) ou des protozoaires (animaux unicellulaires). Faciles à soigner mais récidivantes !

Solutions préventives : désinfection régulière des locaux et des épuisettes (eh oui ! on n’y songe pas assez !), contrôle des conditions d’ambiance pour limiter le stress fragilisant l’animal et facilitant l’introduction des parasites.

Solutions curatives : traitement antiparasitaire disponible dans le commerce aquariophile à base de Bleu de Méthylène, de sulfate de cuivre, de formol ou de Vert de Malachite. Souvent, les traitements n’agissent que sur certaines formes du parasite (juvénile, subadulte ou adulte) et il est nécessaire de renouveler les traitements pour éradiquer toutes les formes de présence du parasite, même si les symptômes ont disparu.

Exemples de maladies parasitaires : parasites végétaux, animaux et divers.

Autres affections

  • Les carences alimentaires sont à l’origine de nombreux troubles allant du défaut de coloration à des handicaps plus graves. Faciles à prévenir par une alimentation raisonnée et diversifiée ainsi que par une supplémentation minérale et vitaminique périodique.
  • Les plaies provoquées par des frottements ou des bagarres peuvent s’infecter. On les soigne soit par l’ajout de produit protecteur de l’épiderme favorisant la reconstitution du mucus (contenu dans les anti-stress), soit par un traitement local réalisé sur l’animal à base de Bétadine ou de Mercurochrome.
  • Les kystes, nodules ou tumeurs sont difficiles à soigner puisqu’ils nécessitent une intervention chirurgicale.

Stratégies générales de lutte contre les maladies

La prévention d'abord

Plus efficace que n’importe quelle méthode curative, elle se résume à une bonne hygiène de l’aquarium et une bonne observation des poissons et du milieu.

Les points d’actions principaux sont :

  • Surveillance quotidienne des paramètres : température, filtration, aération...
  • Surveillance hebdomadaire ou au moindre doute des paramètres physico-chimiques de l’eau
  • Retrait par siphonnage de toute source de matière organique morte ou en excès
  • Nettoyage de la filtration mécanique
  • Mise en quarantaine des animaux malades
  • Limitation de toute source de stress
  • Alimentation correcte et variée
  • Désinfection des épuisettes et matériels de taille des plantes (pinces, ciseaux...)
  • Changements partiels d’eau pour éviter les carences et diminuer la population d’agents pathogènes
  • Utilisation d’un filtre UV en continu pour maintenir la population d’agents pathogènes en dessous du seuil de déclenchement de la maladie.

Traitement curatifs

Maladies virales et bactériennes : traitements antibactériens associés à des changements d’eau et diminution du pH.

Maladies parasitaires : Les traitements antiparasitaires n’agissent, majoritairement, que sur les parasites libérés dans l’eau. Il faut donc le plus souvent utiliser un produit servant à les libérer de la peau des poissons atteints (style Ectopur…), suivi d’un antiparasitaire (Costapur…) et, dans certains cas, y associer un antibactérien (Mycopur...) ou un antifongique pour éviter les surinfections bactériennes ou le développement d’autres parasites. Ces traitements doivent être renouvelés pour agir sur toutes les formes de vie du parasite. Augmenter également la température de l’aquarium de 2°C pour améliorer l’efficacité du traitement.

Après tout traitement

Il est indispensable d’effectuer des changements d’eau réguliers et rapprochés et de filtrer sur charbon actif pour éliminer les résidus des traitements. 48 heures suffisent pour absorber les restes de traitements. Il faut impérativement retirer le charbon actif après ce laps de temps, sinon le charbon actif « recrachera » tout dans l’aquarium (au bout d’environ 3 semaines)

Le bac hôpital

En bac d’ensemble, il n’est pas toujours facile de doser le médicament nécessaire, cela peut revenir très cher et les traitements peuvent avoir des effets plus ou moins néfastes sur l’équilibre de l’aquarium. Les poissons sains peuvent être incommodés par les traitements qui peuvent également concourir à l’apparition de résistances aux matières actives. Pour toutes ces raisons, le bac hôpital est la meilleure des solutions.

Matériel nécessaire :

  • 1 cuve de 40 litres
  • Pompe et diffuseur d’air
  • Combiné chauffant
  • Un peu de décor et d’éclairage (facultatifs)

Utilisation :

  • Prélever les deux tiers de l’eau nécessaire dans l’aquarium atteint et compléter avec de l’eau neuve
  • Traiter
  • Réintroduire le poisson guéri en procédant à son acclimatation

En aquariophilie marine, le bac hôpital est indispensable car la présence d’invertébrés dans un bac proscrit l’utilisation de la majorité des produits de traitement à cause de leur intolérance vis-à-vis du cuivre.

Risques de zoonoses

En aquariophilie, les risques sont faibles, il existe seulement une dermatose appelée « maladie des aquariums » qui est cependant reconnue comme maladie professionnelle chez les animaliers. Des mesures de prévention simples comme le port de gants permettent de la prévenir.

Cependant, de vrais risques existent, notamment avec les morsures ou piqûres d’animaux venimeux (raie d’eau douce, rascasse, cônes…). Les risques d’allergie sont majeurs surtout avec les invertébrés et l’eau de mer. Ce ne sont pas, à proprement parler, des zoonoses mais mieux vaut savoir les prévenir et connaître les coordonnées du centre antipoison le plus proche.

Pour vous aider

Observez pour diagnostiquer ! Pour cela, vous pouvez :

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shanganagh-takhisis il y a 4 mois

Bien connaître son aquarium

En effet, un examen du milieu environnant sera essentiel au diagnostic : date de mise en eau de l'aquarium, nombre de poissons, paramètres, ... autant d'informations pouvant être utiles à l'identification de la maladie et/ou des parasites.

Pour mener à bien cette analyse et en cas de besoin d'aide extérieure et/ou de l'avis d'un véritaire spécialisé, partagez le carnet de bord en ligne de votre aquarium.

Maladies courantes

  • Maladies virales
  • Maladies bactériennes
  • Maladies parasitaires
  • Autres affections

Fiches maladies

Pour en savoir plus sur les différentes maladies en aquarium, consultez les fiches techniques.

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